Nous ne sommes pas des castors!

C’était le dernier article paru dans ce qui est devenu, bien malgré moi, FEU mon blog. Symboliquement, je vais donc reprendre à partir de ce point. Dans les jours à venir, je remettrai, en guise d’archives, tout ce que j’ai pu récupérer. On est loin du compte, mais j’estime que cela en vaut la peine.

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Lu dans le dernier numéro de Coopération (7.02.2012), ces propos fort curieux de la part d’un oenologue. Jan Schwarzenbach écrivait ceci…

« La plupart des meilleurs vins secs sont élevés dans de petits tonneaux en bois. Les alternatives comme les cubes et les habillages intérieurs de cuve en bois de chêne, ont une mauvaise réputation et sont souvent considérés par les consommateurs comme une sorte de supercherie. Pourtant, ces solutions à base de bois représentent un avantage certain par rapport au tonneau : elles permettent de conserver au vin ce goût boisé si apprécié des connaisseurs, et ce à moindres frais. En effet, un petit tonneau en bois coûte environ 1000 fr. Les alternatives s’avèrent donc sensiblement moins chères et simplifient en outre beaucoup le travail dans les caves. Elles semblent ainsi être une solution pour les vins vendus à moins de 10 francs et devant libérer en bouche des saveurs boisées. »

Les bras m’en tombent. « Ce goût boisé si apprécié des connaisseurs. » Mais où a-t-il été pêcher une telle niaiserie, notre brave oenologue. Je ne suis peut-être pas connaisseur, mais je connais des connaisseurs, certains fort connus d’ailleurs, qui n’apprécient pas, mais pas du tout le goût boisé si cher à ce monsieur. A part bien sûr les castors, les bostryches et les capricornes du chênes, impressionnant coléoptère ainsi nommé pour son goût immodéré des jus de planches qu’on nous sert trop souvent. Mais font-ils partie des connaisseurs ?

L’élevage sous bois n’a à mon sens qu’un seul but : permettre au vin de bénéficier d’un subtil apport d’oxygène gage d’une longévité supérieur. La meilleure barrique n’est-elle pas celle qui sait se faire discrète.

Les solutions proposées dans l’articulet ci-dessus n’ont qu’un seul but : aromatiser le vin. Mais ce noble breuvage est produit à base de raisin. Et le raisin est un fruit, contrairement au tronc du chêne. Pendant qu’il y est, notre oenologue pourrait aussi proposer une tombée de sirop de cassis et une infusion de tilleul. Le prix du sachet, fort modeste, lui permettra de nous proposer alors des bibines à moins de 5 francs. Qui de surcroît ne pueront pas la planche à plein nez.

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About Paul Vetter

Paul Vetter, journaliste spécialisé dans le domaine vitivinicole pour la chaîne de télévision valaisanne Canal9. Ce blog n'engage cependant pas la chaîne.

5 Responses to “Nous ne sommes pas des castors!”

  1. Laurentp | 17 février 2012 at 17 h 09 min #

    Bravo, le blog est dynamique et très joliment construit, élégant.
    A bientôt,

    Laurent

  2. Joakim | 17 février 2012 at 19 h 44 min #

    Bravo pour cette belle nouvelle mouture, même imposée. J’ai failli laisser un commentaire sur fb en disant « go WordPress  » mais je vois que cela s’est fait tout seul ;-) . Longue vie à valaisduvin.com

  3. Zufferey Nicolas | 28 février 2012 at 18 h 43 min #

    J’ai oublié de vous dire que si quelqu’un cherche à acquérir un tel appareil, je le revends (enfin si……..). Il m’a quand même coûté 3200 Euro ( et à l’époque, l’Euro n’était pas à 1.2)

  4. Zufferey Nicolas | 28 février 2012 at 18 h 45 min #

    Zut et rezut, je maitrise pas encore le net et tous ses gadgets. Ceci concerne un autre article: contrôle de maturité. Désolé……..

  5. Jeanclaude Warmbrodt | 4 mars 2012 at 21 h 36 min #

    Je viens de recevoir ce site inopinément!? Bien surpris! ça m’interesse vivement et bravo pour la réponse du bois; c’est très bien de “sortir du bois ainsi“.
    Salutations

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