L’Humagne (1): cépage autochtone… des Pyrénées

Que n’a-t-on point dit et écrit sur les cépages autochtones du Valais ? Ils font, et c’est peu dire, la fierté de nos viticulteurs, et la richesse de notre viticulture. Mais au fait, qu’est-ce qu’un cépage autochtone ? Le Larousse donne une réponse avec la définition de cet adjectif. Autochtone : orginaire du pays qu’il habite.
En Valais, on a longtemps considéré que le Cornalin, la Petite Arvine, l’Humagne blanche, l’Humagne rouge ou la Rèze étaient des cépages autochtones. Mais avec les tests ADN, le mythe en prend un grand coup dans la grappe.
Prenons le cas de l’Humagne. La blanche bien sûr puisque pour les chercheurs, l’autre usurpe son nom. Comme le Cornalin d’ailleurs.
Revenons donc à l’Humagne. C’est en Valais, le prototype du cépage considéré comme autochtone puisqu’il fait partie du trio de variétés mentionnées en 1313 déjà dans le fameux registre d’Anniviers. Et contrairement au Cornalin – qu’on estime être celui qui était alors mentionné comme « Neyrun » – l’Humagne était alors désignée par le terme Humagny, ce qui laisse moins de place à l’interprétation, on en conviendra.
L’Humagne a donc toujours été considérée comme le cépage autochtone par excellence. Dans son ouvrage « Cépages du Valais », Claude-Henri Carruzzo écrivait il y a une vingtaine d’années seulement: « L’humagne n’a pas de synonyme, ce qui permet d’affirmer qu’il est indigène au Valais auquel il voue une fidélité sans faille. » L’ancien responsable de la viticulture valaisanne citait également le fameux Berget : « L’humagne blanc ne peut pas être identifié à un autre cépage connu (…) »
Mais patatras en 2007. Un chercheur français (Bordenave) et son équipe démontrent par analyse ADN que notre Humagne est identique au Miousat, un cépage des Pérénées-Atlantiques. Et les scientifiques de déduire que le Miousat a été introduit de la Suisse il y a fort longtemps déjà. Mais pour différentes raisons trop longues à développer ici, le Valaisan José Vouillamoz estime que le Miousat a fait le chemin inverse. C’est lui qui serait venu des Pyrénées-Atlantiques pour s’installer en Valais. Pour Vouillamoz, il est plus logique « de considérer l’Humagne comme un cépage originaire du Sud de la France ».
C’est dire que si l’on se réfère strictement à la définition du mot autochtone, l’Humagne (la blanche) serait donc une variété autochtone des Pyrénées-Atlantiques et non pas du Valais.
(à suivre)

Tags:

About Paul Vetter

Journaliste professionnel, Paul Vetter a longtemps travaillé comme spécialiste vin et viticulture pour des médias valaisans. Ayant décidé de se consacrer à d'autres activités, il continue à suivre attentivement les vins du Valais et la politique vitivinicole menée dans le canton. Il vous rend en compte en toute liberté.

One Response to “L’Humagne (1): cépage autochtone… des Pyrénées”

  1. tournier | 27 septembre 2013 at 5 h 54 min #

    Et ben nom de bleu…

Laisser un commentaire