Même les Vaudois…

Chaque fois que j’ai eu à écrire un article – ou faire un sujet télé – un tantinet polémique ou peu favorable à la belle image du vin valaisan, on m’a sorti invariablement l’argument qui tue: « En Valais, on s’auto-flagelle. Jamais on ne verrait un tel article dans le canton de Vaud. » Un collègue vaudois m’a aussi dit récemment qu’un producteur de son canton lui avait dit (en substance) qu’il était heureux que votre serviteur sévisse en Valais plutôt qu’en terres vaudoises.

Et bien, tout ça, c’est fini. J’ai lu ce jour dans le journal « Agri », signé par Pierre-André Cordonier, un article traitant des Caves viticoles vaudoises. Le titre était déjà parlant. « Des stocks importants et un marché difficile. »

Pour la bonne bouche, deux morceaux choisis.

« Les treize caves coopératives membres de la Fédération des caves viticoles vaudoises (FCVV) doivent gérer une augmentation des stocks à l’exception notable d’Aigle. C’est l’effet conjugué d’une récolte importante en 2011 et d’un marché très difficile. »

« A Lavaux, des négociants encavent des lots sans les payer en promettant de régler la facture lorsqu’ils seront vendus. On relève une diminution du chiffre d’affaires assez généralisée en raison le plus souvent de la pression sur les prix de vente. Un climat plutôt morose, donc ! »

 Un article qui pourrait faire des vagues. 

Quelle surprise! Moi qui pensais que seul le canton du Valais avait de la peine à lutter contre les vins étrangers, devenus moins chers encore par la grâce d’un euro faiblard, je découvre que nos voisins ont aussi des difficultés. Moi qui croyais que la sagesse de la profession vaudoise, imposant sa loi du silence, soigneusement respectée par les journalistes du canton, protégeait les entreprises viticoles de la Côte et de Lavaux des méchants prédateurs de la grande distribution. Des prédateurs abusés par ce silence radio au point de ne pas se rendre compte que l’année 2011 avait été généreuse et négligeant ainsi d’appliquer la loi de l’offre pléthorique et de la demande repue. Mes certitudes s’écroulent. Il ne suffit donc pas de se taire et d’enfoncer bien profond la tête dans un sol argilo-calcaire pour que tout aille pour le mieux. Silencieux ou bavards, Valaisans ou Vaudois, les lois du marché sont les mêmes pour tout le monde.

PS. Au fait, Pierre-André Cordonier, c’est un patronyme qui sonne bien valaisan. Amis vaudois, méfiez-vous, le ver est dans la grappe. Sortez les phéromones !

 

 

 

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About Paul Vetter

Paul Vetter, journaliste spécialisé dans le domaine vitivinicole pour la chaîne de télévision valaisanne Canal9. Ce blog n'engage cependant pas la chaîne.

3 Responses to “Même les Vaudois…”

  1. thomasvino | 28 mars 2012 at 10 h 45 min #

    Agri n’est pas seul… Suffit de lire ceci jusqu’au bout: http://www.thomasvino.ch/articles.php?lng=fr&pg=1762
    A bon lecteur, salut!

  2. Alexandre Truffer | 28 mars 2012 at 17 h 38 min #

    En septembre 2011, un autre article qui parlait de quotas dépassés et de millésime pas si exceptionnel:
    http://www.romanduvin.ch/index.php?IDcat=18&IDarticle=1739&IDcat18visible=1&langue=F

    La version longue et argumentée est parue dans le VINUM de décembre 2011.

  3. Paul | 28 mars 2012 at 20 h 05 min #

    Arretez les gars, maintenant je comprends pourquoi les Vaudois ont des problèmes ! ;-))

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