Grand Cru : l’IVV et les anciens

L’IVV a publié aujourd’hui son rapport d’activités 2011. Un volumineux document de 60 pages.

Dans le lot, quelques infos intéressantes.

La première a trait à une fameuse Arlésienne, la bouteille Grand Cru dont l’existence virtuelle est attestée dans l’ordonnance cantonale du 17 mars 2004 sur la vigne et le vin. «Le signe distinctif et uniforme à la commercialisation des vins Grand Cru est la bouteille Valais, dont les droits sont détenus par l’Interprofession, à l’usage exclusif des vins Grand Cru.»  A noter, pour être précis, que la loi cantonale exige un signe distinctif pour les Grands Crus, et c’est bien la moindre des choses. Mais c’est l’IVV, donc la profession elle-même, qui a choisi une bouteille unique comme signe distinctif.

En octobre 2011, une rencontre a été organisée avec les représentants des communes et organismes Grand Cru, en présence de l’office de la viticulture. Au final, les représentants de Vétroz Grand Cru ont proposé de mettre leur bouteille (voir photo) à disposition de toutes les communes et d’en céder les droits à l’IVV.

Le comité a adopté cette proposition et, c’est le rapport qui l’affirme, le projet est en cours de réalisation. Est-ce que cela signifie que Salquenen et Fully, qui ont des bouteilles «communales» ont accepté d’utiliser la bouteille actuellement réservée à Vétroz ? Dans l’Interview accordée à Canal9, le président de l’IVV concède que cela pose problème. Pour celles et ceux qui ne veulent pas passer par la video, je cite le dernier passage: « Il est évident qu’il y a quelques difficultés avec Salquenen et Fully qui connaissent déjà des bouteilles Grand Cru différentes. Mais nous avons décidé à l’unanimité de proposer cette bouteille Grand Cru (ndr. celle de Vétroz) qui rassemble la plus grande majorité des communes. »

Du côté de Fully, Gilles Carron se contente dans un premier temps d’un « No comment ! » Pourquoi donc ? Tout simplement parce que « Personne ne nous a mis au courant. Après une réunion en octobre, silence radio ! »  Et comme un gros problème se pose, on peut deviner la réponse : «Il nous sera difficile de pouvoir l’utiliser, puisque notre règlement Grand Cru impose une dégustation après la mise en bouteille.»  On voit bien le problème. Un vin dans une bouteille « Valais » (ou Vétroz) qui serait recalé à la dégustation devrait-il être remis dans une autre bouteille ? Et à Fully, on ne veut pas « brader notre grand cru » pour une histoire de bouteille.

Même son de cloche à Salquenen où le Grand Cru est aussi dégusté une fois mis en bouteille. Olivier Mounir : « On veut voir s’il existe une alternative. Mais on ne veut pas être en concurrence avec une bouteille d’un Grand Cru à 10 francs avec des exigences qualitatives moins élevées. » Et s’il n’y a pas d’autre solution, on se montre plus radical. «On verra s’il faut renoncer au Grand Cru et faire autre chose ! »

Plus que jamais, le sujet est chaud-bouillant. La bouteille Grand Cru mettra-t-elle le feu à la république ? L’affaire devrait se préciser ces prochains jours.

 

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About Paul Vetter

Paul Vetter, journaliste spécialisé dans le domaine vitivinicole pour la chaîne de télévision valaisanne Canal9. Ce blog n'engage cependant pas la chaîne.

One Response to “Grand Cru : l’IVV et les anciens”

  1. Paul Vetter | 29 mars 2012 at 20 h 25 min #

    Je tiens à citer la dernière phrase de cette section du rapport de l’IVV:

    « Le comité de l’IVV a adopté cette proposition et le projet est en cours de réalisation. »

    Ce n’est donc pas un vague projet à l’état d’embryon comme le confirme l’interview du président de l’IVV (voir ci-dessus).

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