Grand Prix du Vin Suisse: l’analyse

Premier constat: aucun vin valaisan dans la catégorie Müller-Thurgau. Heureusement, aurais-je envie de dire. Une catégorie dédiée à la Suisse alémanique où ce cépage est plus largement planté. A noter qu’on en trouve tout de même 10,7 ha en Valais.

Deuxième constat: tous les nominés en catégorie « autres cépage rouge pur », le Valais possède les six nominés. Trois avec des Syrahs, trois autres avec des Cornalins (un grand plaisir de voir cette variété si bien placée). A noter que s’il s’agit de « cépages rouges purs », les autres ne sont pas impurs !

Troisième constat: le Valais obtient 28 des 72 places de nominés. C’est un bon score, sans plus. En effet, si le Valais représente 33,5% du vignoble suisse, il obtient 38,8% des places de nominés.

Quatrième constat: les 28 vins valaisans nominés proviennent de 21 caves différentes. Seules 7 caves ont deux vins au palmarès: le Domaine des Muses de Robert Taramarcaz à Sierre (Fendant et Syrah), Jean-René Germanier à Vétroz (Fendant et Cornalin), Provins (Assemblage blanc et Liquoreux), Cave des Chevaliers à Salquenen (Assemblage blanc et Assemblage rouge), Cave des Deux-Rives à Brignon/Nendaz (Gamay et Syrah), Cave du Paradou à Nax (Gamay et Syrah), Cave Leukersonne à Loèche (deux Cornalins).

Cinquième constat: un seul Pinot noir valaisan dans les nominés de la catégorie réservée à ce cépage, le plus planté en Valais. Et il ne vient pas de Salquenen, mais du Clos de Balavaud des Fils Maye à Vétroz. On trouve par contre trois Gamays sur six.

Sixième constat: Avec 16 vins nominé, le vignoble vaudois vient en deuxième position…et tient son rang. 22% du vignoble suisse et 25% des nominés.  A noter aussi le beau score neuchâtelois avec 5 nominés (7%) pour 4% du vignoble suisse. Autre bonne surprise, le Vully, avec 3 nominés (tous au village de Praz, qui fait partie de la Commune du Bas-Vully, dans le canton de Fribourg) fait aussi bien que le canton de Genève et presque aussi bien que le Tessin (4 nominés).  La Suisse allemande (avec les Grisons) place 13 vins dont 6 dans la seule catégorie des Müller-Thurgau.

Septième constat: créer des catégories « dédiées » à l’une ou l’autre région ne fonctionne pas toujours. Si c’est efficace avec le fameux Müller-Thurgau, c’est plus difficile pour le Merlot (seuls 2 vins tessinois) ou le Gamay (2 vaudois, 1 genevois et… 3 valaisans).

Huitième constat: les noms de catégories ne sont pas compréhensibles pour le grand public. Quand j’ai parlé de « autres cépages rouges purs » à une collègue, cela n’évoquait rien pour elle… Et certains noms sont franchement laids, même si techniquement, il n’y a rien à dire. Je ne me résoudrai jamais à parler de vins avec sucre résiduel. Résidu toi-même. Vins moelleux, doux ou liquoreux serait bien plus adapté. Mais quelle difficulté de classer un vrai liquoreux par rapport à un « sucraillon ».

 

 

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About Paul Vetter

Journaliste professionnel, Paul Vetter a longtemps travaillé comme spécialiste vin et viticulture pour des médias valaisans. Ayant décidé de se consacrer à d'autres activités, il continue à suivre attentivement les vins du Valais et la politique vitivinicole menée dans le canton. Il vous rend en compte en toute liberté.
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