Qu’en est-il de l’appellation Château en Suisse.

Selon RMC.fr, la commission européenne réfléchit à la possibilité d’autoriser les vins américains à apposer la mention « château » sur leurs bouteilles. Actuellement, la mention « château » désigne un vin AOC, d’Appellation d’Origine Contrôlée, issu à 100% de raisins récoltés et vinifiés exclusivement sur la propriété : un gage de qualité du vin. Mais aux Etats-Unis, les obligations ne sont pas les mêmes, les raisins peuvent notamment provenir de différents fournisseurs. Les viticulteurs français s’en inquiètent et parlent de concurrence déloyale et de tromperie pour le consommateur. (pour lire l’intégralité de l’article)

Dans ces conditions, je me demande ce qui va advenir du Château de Muzot, une bouteille qu’on trouve en vente chez Denner. (voir le premier sujet…. et le second sujet). Oû en sommes nous question accords avec l’UE à ce sujet ? Notre propre règlementation nous permet-elle d’intituler Château un vin ne provenant pas d’un domaine précis? C’est fort probablement le cas, puisque cette bouteille est commercialisée ainsi. Et ce serait tant mieux. Mais je vous promets de me renseigner ces prochains jours.

 

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About Paul Vetter

Paul Vetter, journaliste spécialisé dans le domaine vitivinicole pour la chaîne de télévision valaisanne Canal9. Ce blog n'engage cependant pas la chaîne.

3 Responses to “Qu’en est-il de l’appellation Château en Suisse.”

  1. Ivan Barbic | 2 octobre 2012 at 20 h 32 min #

    L’article « Des vins américains estampillés « Château » » demande quelques précisions quant à ce sujet.

    L’importance d’un vin de Château pour un consommateur
    La dénomination « Château » sert comme aide d’orientation pour un consommateur dans une panoplie de l‘offre, analogue à une marque, dont il y a très peu dans le marché des vins, voir le Guide des vins de Dussert-Gerber : « Le terme désigne un domaine viticole, voire une marque, et n’a rien à voir avec une quelconque bâtisse, modeste ou grandiose. »
    Un vin de Château a une meilleure image auprès du consommateur et il est vu comme qualitativement supérieur par rapport à un vin d‘une appellation générique, en plus la dénomination Château apporte une plus value émotionnelle grâce à l’histoire et la tradition du Château et de son propriétaire. A moyen terme un vin de Château doit correspondre à ces attentes qualitatives supérieures pour être capable de maintenir ou d’augmenter le volume de ventes.
    Le consommateur n’est pas au courant que la législation pour la commercialisation d’un vin de Château est différente d’un pays à l’autre, voire même d’une région à l’autre.

    Différence de la législation pour la production d’un vin de Château
    En Suisse la production et commercialisation d’un vin de Château est soumise à la législation cantonale. De ce fait il y a des exemples différents pour des vins de Château. Le Castello Luigi au Tessin ne possède pas un bâtiment historique. Il y a des vins de Château, dont le raisin est vinifié au château même, et il y a des vins de Château, dont le raisin est vinifié à longue distance dans une grande cave d’un groupe vinicole.
    Au berceau de la production vinicole que représente Bordeaux, n’importe quel domaine vinicole peut produire un vin de château. Les vignes doivent se trouver à l’intérieur de la même AOC, ce qui peut comprendre une zone dans un diamètre allant jusqu’à 50 kilomètres. (voir les cartes Enogea de Masnaghetti de Pauillac, St-Julien et St-Estèphe)

    La définition d’un vin de Château selon l’Encyclopédie de la Vigne, du Vin et des Alcools :
    Exploitation vinicole, même si parfois l’édifice n’est pas un véritable château (principalement dans le Bordelais). Le terme château se rencontre aussi ailleurs, notamment en Italie (castello), etc. C’est bien parce qu’il fascine le consommateur pour lequel le caractère aristocratique du mot château a lui seul devrait tenir lieu de garantie. Précisons par exemple que Pétrus, un des plus célèbres domaines, situé au cœur du petit plateau de Pétrus à Pomerol dans le Bordelais, ne s’appelle pas château Pétrus. Ce petit domaine comprend un modeste bâtiment. Sa légendaire notoriété provient essentiellement d’un terroir exceptionnel qui produit un merlot (95% de l’encépagement) extraordinaire. Dans d’autres régions, les synonymes sont, avec quelques nuances: domaine, clos ou cru.

    Un Château Bordelais peut acheter des parcelles de vignes d’un autre Château et les utiliser dès tout de suite pour son propre vin, sous condition qu’elles se trouvent dans la même zone d’appellation. Un exemple récent est l’achat de 22 hectares de vignes du Château Phélan-Ségur, Cru bourgeois, par le Château Montrose, 2ème Cru classé en 2010!
    Presque tous les Château produisant des Grand Cru classé au Médoc ont changé considérablement leur surface viticole suite à des ventes et des rachats depuis la classification de 1855.
    En France, l’utilisation de ce nom est soumise à un décret en date du 30 septembre 1949. Pour apposer sur son étiquette ce terme, le domaine doit remplir trois conditions :
    • Le vin doit avoir une appellation d’origine.
    • Il doit provenir de l’exploitation agricole ou des ses analogues.
    • Ce nom est limité à la seule production de l’exploitation.
    Cette définition fait suite, en le reprenant, à un jugement du tribunal civil de Bordeaux, en date du 8 mai 1939, donnant la définition d’un château viticole.
    Dans les faits, rien n’interdit à une coopérative viticole de recevoir les vendanges d’un domaine ou d’un château (sélection au terroir), de les vinifier à part, et de commercialiser les vins sous leur nom d’origine. La mention « mise en bouteilles au château » ou « mise en bouteilles au domaine » étant légale puisque le propriétaire est un coopérateur porteur de parts dans une exploitation collective prolongement de son château ou de son domaine.

    Selon la définition internationale qu’en donne Frank Schoonmaker, calquée sur celle adoptée en France, un domaine viticole est le nom donné à des vignobles d’un seul tenant ou à un ensemble de parcelles sur différents terroirs (climats en Bourgogne) qui constituent une propriété viticole appartenant en nom propre ou en nom collectif à un ou des propriétaires. Ce terme – avec ses déclinaisons : château, clos, mas, etc. – a été pendant longtemps réservé aux seuls vins d’appellations, il s’est actuellement étendu à des terroirs viticoles produisant des vins labellisés.

    Importance économique des vins de Château pour une région vinicole et pour le commerce de vins

    La production des vins de Château permet une diversification de l’offre de côté du producteur et du négociant de vins. Un exemple de la grande distribution Suisse : l’argument principale pour un référencement est la dénomination Château ou Domaine et ne pas l’AOC. Il y a typiquement par AOC toujours un vin référencé au niveau entrée de gamme et un deuxième vin qualitativement supérieur à un niveau de prix supérieur. Les vins de Château et de Domaine permettent une diversification ultérieure pour la même AOC.

    Il y a une plus value pour producteur et négociant, puisque le consommateur est prêt de payer plus pour des vins de Château et de Domaine par rapport à des AOC génériques.
    Les producteurs en France offrent souvent le même vin en vrac pour 6 ou 8% plus cher avec la dénomination Château ou Domaine. Au moyen terme, le prix de vente supérieur permet au producteur également une augmentation de qualité, ce qui amène finalement de satisfaire les attentes plus élevées de la part du consommateur vis-à-vis d’un vin de Château.

    Il est intéressant de lire également « Vous avez dit « château » ? Essais sur le succès sémantique d’un modèle viticole venu du Bordelais » par Philippe Roudie (2000). « Toute exploitation viticole doté de moyens de culture et de vinification peut adopter un nom de château et commercialiser son vin sous ce nom ». Un bâtiment historique à la base n’est donc pas nécessaire. Cette loi française a amené une prolifération des noms de châteaux en France.
    Il est fort discutable si la dénomination « Château » est toujours un gage de qualité. A Bordeaux il y en a du sublime jusqu’à la piquette vendu sous des noms de château. Il faut savoir qu’à Bordeaux seul, il y a presque 11’000 marques déposées avec le terme Château pour la production de vin (Source : Fédération des syndicats de vins à AOC de la région de Bordeaux). Seul un petit nombre de ces vins de Château proviennent effectivement des propriétés avec des demeures équivalent d’un château. La dénomination château est utilisé à Bordeaux surtout, mais dans toute la France, comme une marque qui fait vendre le vin. Chaque pays Européen a ses propres lois qui déterminent la production d’un vin de Château. En Suisse, c’est la compétence des cantons de régler ce qui est un vin de château.

    Il est compréhensible qu’en France on se fasse des soucis (économiques) pour le cas où il y aurait un nombre de vins de Château plus important venus d’ailleurs. La législation française et les quelques exemples cités montrent que la France a su adopter des lois servant au maximum une vente efficace de ses vins, en toute conscience de la valeur sur le marché de ce grand nombre de vins de Château.
    Est-ce que le Valais comme plus grande et plus importante région de production vinicole en Suisse peut et veut se priver d’un tel outil efficace au niveau global sur le marché de vin ? Les voisins Vaudois l’ont compris depuis bien longtemps et alimentent le marché national avec succès avec un bon nombre de vins de Château, souvent disponible en volume plus important et de ce fait fort intéressant pour la grande distribution. Surtout en ces temps difficiles pour la viticulture il est indispensable de se procurer les meilleures bases pour agir avec succès sur un marché de plus en plus combattu et de produire de la plus value. Partout où il y a une production de vins de Château, la vente est stimulée et les différents acteurs de l’interprofession réalise une plus value significative par rapport à une production servant à des vins vendus sous une appellation générique. Au Valais, le Château de Muzot et le Château de Lichten sont à première vue les seuls exemples pour un vin de Château disponible à des volumes importants et utilisent cet atout vis-à-vis du consommateur.
    Etant également acteur du côté du négoce de vins, je suis en position de me réjouir de l’arrivé et de souhaiter même plus de vins de Château au Valais qui pourrait servir le marché avec des volumes de production importants. D’après les dernières tendances du marché, la Cuvée Rouge du Château de Muzot est bien accepté et montre un bon exemple pour la stratégie VITI 2015, élaboré par les autorités Valaisannes, avec le but de positionner le vignoble Valaisan vers une plus value et dans le haut de gamme.

    Ivan Barbic
    Acheteur de Bataillard et consultant, entre autres pour le Château de Muzot, ex-acheteur de Coop et de Denner

  2. Yvo Mathier | 4 octobre 2012 at 11 h 41 min #

    Guten Tag Herr Barbic,

    ich danke Ihnen für diesen fundierten Artikel.

    Es geht einzig und alleine um die Wertschöpfung, welche mit einer Appellation Château generiert werden kann und somit um Handfeste oekonomische Interessen.

    In Frankreich ist jeder „Holzschuppen“ mittlerweilen ein Château, in Italien jeder „Hühnerschlag“ ein „Castello“, die Amerikaner wollen diesen Begriff auch für sich schützen lassen (… ! …) und die Franzosen unternehmen alles, um die protektionistischen Massnahmen im Agrarbereich auszubauen. Nur das Wallis kann es sich leisten Verordnung und Dekrete zu erlassen, welche die Wertschöpfung der Walliser Weinproduktion noch weiter limitiert und dies wohlwissend um die missliche Lage im Kanton! Die Preise für die Trauben sind massgeblich gefallen, die Mengen wurden massiv zurückgeschraubt, die Produktionskosten im Rebberg sind gestiegen. Der Teufelskreis der sich auftut verheisst nichts Gutes.

    Die Interessen im Weinhandelsverband sind gesteuert durch Leute, welche mehr Interesse haben den Import von Weinen ausländischer Provenienzen zu fördern und zu vereinfachen. Die Reaktion der Produktion mit Ansätzen welche auf eine Protektionismus hinarbeiten ist auf keinen Fall der richtige Weg. Es bleibt die Hoffnung, dass die Weinbauern nicht mit einer Überreaktion mediale Aufmerksamkeit zu erlangen versuchen, um Ihr berechtigtes Anliegen auf den Tisch zu bringen. Der Verlust an Goodwill für die Walliser Weine könnte durch eine unbedachte Handlung der Winzer fatal sein. Politiker vom Schlage eines Herrn Freisingers sollten auf populistisch, ketzerische und protektionistische Vorstösse mit dem einzigen Ziel sich im Vorfeld der Wahlen einige Stimmen zu erhaschen, verzichten.

    Doch was ist der richtige Weg?

    1. Gleich lange Spiesse?
    Die Spiesse der Weinproduzenten im Ausland und im Inland sind nicht gleich lang. Dazu müssen folgend Fragen geklärt werden.

    Wieviel beträgt der Anteil der an einer Weinflasche subventioniert wird im Inland und wieviel im Ausland?

    Wieviel betragen die Produktionskosten einer Flasche Wein im Inland und im Ausland?

    Die Investitionen in die Produktion und in das Pflanzenkapital werden bis zu 80 % durch die EU finanziert für Weine aus den EU-Ländern , dies wohlwissend der permanenten Überschüsse welche produziert werden.

    2. Prinzip « Cassis de Dijon »?
    Die Absicht bei der Einführung des Prinzipes Cassis de Dijon war durchaus lobenswert. Man übernimmt automatisch die Richtlinien des Landes in welchem das Produkt produziert wird. Elegant wurden somit die viel strengeren Auflagen für Weinproduzenten in der Schweiz ausgehebelt. Wir akzeptiert, dass Weine welche so in der Schweiz nicht hergestellte werden könnten, frisch fröhlich dem Schweizer Konsumenten angepriesen werden. Die Auflagen im angrenzenden Ausland werden immer larscher, die Auflagen in der Schweiz immer anspruchsvoller. Auf die Weingesetzgebungen in Übersee oder der sogenannt « neuen Welt  » will ich gar nicht weiter eingehen, da ich sonst die Freude an meinem Beruf vollendens verliere…

    3. Export von schweizer Wein in die EU und nach der USA!
    Der adminstrative Hürdenlauf ist schier unglaublich. In der EU werden die Schweizer Weine wie ein Import aus einem Drittland behandelt. In den USA ist es praktisch ausgeschlossen Schweizer Wein zu exportieren….

    Ich lade Sie gerne ein einen Blick in mein Video zu werfen (http://www.youtube.com/watch?v=5Wp9y_SDtAw&playnext=1&list=PLmtp2IyzW6lFG2VhzbwH-PJIZt9g5X9lZ&feature=results_main) welches über 130’000 Hits innert 3 Wochen auf youtube generiert hat. Es sind über 40 Bestellungen aus aller Welt eingegangen! Aber was nutzt all dies wenn all unser Handelspartner Ihren Binnenmarkt durch protektionistische Massnahmen schützen und wir Schweizer blauäugig unseren Markt immer mehr liberalisieren und mittlerweilen Weltmeister im Umsetzen von Forderungen sind die uns andere aufzwingen!

    Konklusion:
    Ja wir wollen eine liberale Marktordnung unter der Voraussetzung, dass die Spiesse gleich lang sind zwischen der Produktion in der Schweiz und der Produkiton der importieren Weine.

    Die Weinproduktion benötigt eine Lobby, welche Ihre Anliegen wahr nimmt und nicht diejenigen der Weinimporteure, weil die Interessen diesen beiden Parteien ganz offensichtlich kolateral sind.

    Wir bedanken uns und zählen weiterhin auf die Solidarität und Unterstützung der Schweizer Konsument für unsere Weine. Fragen Sie bewusst in Restaurants nach Weine aus der Schweiz und seien Sie als Konsument so kritisch wie möglich, Sie haben das Recht dazu.

    Und ja, wir werden uns weiterhin konsequent für die Qualität unserer Weine einsetzen.

    Ich grüsse Sie alle in der Hoffnung, dass wir nicht die Grundlagen zerstören, damit die nächste Generation mit uns die Passion und Liebe zu unseren Weinen und unseren Rebbergen teilen kann.

    Ihr Winzer aus Leidenschaft, Yvo Mathier

  3. FSM4d | 26 novembre 2012 at 8 h 46 min #

    Oui, la union d européen a dit qu’on peut importer des vins avec la spécification « Château ». Mais la France n’est pas l’UE. Pourquoi les Frances n’interdisent pas cette spécification sur des vins importés.
    Je pence que les Frances peut protéger au moins la France contre les vins d américains.
    (Je sais que la commentaire a beaucoup des fautes, mais ma professeur français m’a dit que je doit faire sa)

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