Tout savoir sur la Rèze

La Rèze est le premier cépage dont il est fait mention en Valais. Son nom Régy est mentionné en 1313 dans le fameux Registre d’Anniviers, premier document faisant état de la présence de cépages cultivés en Valais. Elle se trouvait alors dans la région de Granges (entre Sierre et Sion). Elle y côtoyait l’Humagne (la blanche, bien sûr) et un autre cépage rouge qu’on suppose être le Rouge du pays, aujourd’hui nommé Cornalin.

Les tests ADN réalisés par le fameux biologiste José Vouillamoz ont démontré que la Rèze est la mère avérée de 5 cépages : deux Valaisans, la Diolle – dont un exemplaire a été repéré dans le Valais central – et la Grosse Arvine, et trois Italiens : le Groppello di Revo, la Nosiola (Trentin) et le Cascarolo Bianco (Piémont). Autres révélations : la Rèze est aussi la grand-mère de cinq cépages valdôtains (Prié, Mayolet, Petit Rouge, Fumin et Cornalin d’Aoste) et d’une variété piémontaise, l’Avanà, la demi-sœur de l’Amigne). Elle est aussi demi-sœur de la Freisa du Piémont.

La Rèze a donc de la parenté en Italie du Nord, et José Vouillamoz a découvert quelques très vieilles treilles de Rèze en Savoie.

La Rèze a longtemps été cultivé dans la région sierroise. Les Anniviards qui possédaient des vignes sur ce coteau de la rive droite, l’utilisaient pour leur fameux «Vin du Glacier».  Elle a ensuite été petit à petit remplacée par l’Ermitage (la Marsanne), souvent en assemblage avec d’autres cépages, la Malvoisie (Pinot Gris) en particulier.

Avec la crise du phylloxéra, la Rèze a bien failli disparaître de notre canton où on l’a souvent remplacée par du Chasselas, un raisin bien plus « aimable », tant à la vigne qu’à la cave. En 1997, il ne restait plus que 6860 mètres carrés de Rèze en Valais. Depuis, quelques viticulteurs, essentiellement dans le Valais central, en ont remplanté, mais à dose homéopathique. Aux vendanges 2011, on en dénombrait 2,4 ha (24’000 mètres carrés), une surface en continuelle mais lente progression.

La Rèze est un cépage au débourrement précoce à moyen, qui arrive à maturité en 2e époque.  Sa vigueur est plutôt faible et l’on considère son potentiel de production comme moyen et irrégulier. Elle est de surcroît sensible à la pourriture.

Dans le verre, la Rèze donne un vin relativement neutre, mais corsé et nerveux, avec une certaine rusticité. Mais cultivée avec passion, avec des rendements bien maîtrisés et une vinification, la Rèze montre qu’elle ne mérite pas la réputation de « vin qui rend fou » que lui prêtait la légende anniviarde. Elle sait même se faire très agréable.

Parmi les producteurs de Rèze les plus connus : Serge Heymoz (Loc/Sierre), Antoine et Christophe Bétrisey (St-Léonard), Chosy Chanton (Viège), le Domaine du Grand-Brûlé de l’Etat du Valais (Leytron), la Cave Fernand Cina (Salquenen), Jean-Pierre Monnet (Noës). D’autres l’utilisent en assemblage. C’est le cas de la Cave des Sans-Terre à Sion où elle est mariée avec du Païen (Heida ou Savagnin blanc).
Mais il en existe sûrement quelques autres que l’on voudra bien me signaler… et me laisser déguster.

Sources :
Origine des cépages valaisans et valdôtains, José Vouillamoz et Giulio Moriondo
Cépages, principales variétés de vignes cultivées en Suisse, ACW
Archives personnelles

A revoir :

la Chronique « Le Vin de la Semaine » de Canal9, consacrée à la Rèze de Serge Heymoz

la Chronique « Le Vin de la Semaine » de Canal9 consacrée à l’assemblage Païen-Rèze de la Cave des Sans-Terre

 

Tags:

About Paul Vetter

Journaliste professionnel, Paul Vetter a longtemps travaillé comme spécialiste vin et viticulture pour des médias valaisans. Ayant décidé de se consacrer à d'autres activités, il continue à suivre attentivement les vins du Valais et la politique vitivinicole menée dans le canton. Il vous rend en compte en toute liberté.

2 Responses to “Tout savoir sur la Rèze”

  1. valentin | 14 septembre 2014 at 22 h 26 min #

    Bonjour,

    J. Favre à Venthône travaille également ce cépage…

    Salutations d’un amateur de vins valaisans qui habite en plein patrimoine mondial de l’Unesco, en Lavaux.

    • Paul Vetter | 15 septembre 2014 at 16 h 07 min #

      C’est pas grave! On vous aime quand même! 😉

Laisser un commentaire