Des actions, toujours des actions…

Celle-là, elle est pas mal non plus. Elle m’a été signalée par un oenologue de la place sédunoise. Un lecteur qui qualifie cela de « scandaleux ». Le « deal du jour » du quotidien valaisan, c’est de la Syrah du sud de la France, un vin vendu à bas prix (6 bouteilles à 49 fr. au lieu de 112 fr ) par la maison Schuler. Le choc est double pour notre lecteur. D’abord parce que c’est le quotidien cantonal – le trait d’union des Valaisans – qui propose le « deal ». Ensuite, parce que la maison Schuler n’est pas une inconnue dans le canton, puisqu’elle est actionnaire majoritaire de la Cave Gilliard à Sion. N’aurait-elle pas dû proposer des vins de la Cave Gilliard, dans le quotidien cantonal ? La question est posée… Mais du côté de Gilliard, on explique que jamais on n’accepterait de brader les vins de la maison à ce niveau-là, même si c’est l’actionnaire majoritaire qui le demande.

L’essentiel du message de mon correspondant…

Je suis tombé là-dessus aujourd’hui.
http://deals.lenouvelliste.ch/deals/Schuler-Vins-6-Bouteilles-Grand-Duc-Syrah-2009
Juste incroyable ! Le Nouvelliste qui fait de la promo pour une Syrah du Languedoc ! Et bien bravo le Nouvelliste et bravo au groupe Schuler-Gilliard !

 

Deal NF

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About Paul Vetter

Paul Vetter, journaliste spécialisé dans le domaine vitivinicole pour la chaîne de télévision valaisanne Canal9. Ce blog n'engage cependant pas la chaîne.

8 Responses to “Des actions, toujours des actions…”

  1. Blanca Imboden -mounir | 12 mars 2013 at 21 h 27 min #

    Wer bietet weniger???!!! ;-((

  2. Patrice | 17 mars 2013 at 22 h 39 min #

    Effectivement, des vins français vendus en Suisse, c’est scandaleux ! Vous devriez transmettre ça à CAVE SA à Gland, ça les amusera ! Moi aussi je suis scandalisé par les publicités Nestlé dans les journaux français, alors qu’on fait du chocolat en France !

    • Paul Vetter | 18 mars 2013 at 9 h 56 min #

      Vu de l’étranger, sans connaissance particulière de la situation de notre vitiviniculture, je ne m’étonne pas de votre remarque. Cela dit, au vu de la situation de la viticulture valaisanne et suisse, je milite pour une juste rétribution du viticulteur. Bon nombre d’entre eux, actuellement, ne couvrent plus leurs frais de production, avec un grand risque d’abandon du vignoble. Chez nous, peu ou pas de mécanisation, impossible dans les vignobles en terrasses. Chez nous, des coûts de production bien plus élevés (salaires, produits phytosanitaires, …) Bref, la concurrence est presque « déloyale » avec les vins étrangers qui représentent plus de 60% de la consommation. Alors, lorsque je vois des vins à prix cassés, vendus en Valais, par des sociétés possédant une excellente cave en Valais, je pense qu’on se tire une balle dans le pied. Bien sûr, le négociant dégage plus de marge sur un vin français que sur un vin suisse, c’est la triste réalité. En terme de pur commerce, c’est compréhensible, mais le commerce peut-il être équitable? J’ai la faiblesse de penser qu’il pourrait l’être.
      Bref, je parle donc de prix cassés et de conditions particulières. Rien à voir avec l’exemple du CAVE et de l’excellent travail de Jacques Perrin que j’ai le privilège de côtoyer assez régulièrement et de connaître personnellement. Quant à vos chocolats, les produits Nestlé vendus en France sont pour l’essentiel fabriqués en France, et ils ne sont généralement pas vendus à perte, je vous rassure. Et si cela n’était pas le cas, je ne verrai pas d’objection à ce que la France taxe les nôtres à la frontière pour rétablir un certain équilibre.

      • Patrice | 23 mars 2013 at 10 h 59 min #

        Comme je l’ai dit dans mon autre message aujourd’hui, les vins suisses de qualité sont très compétitifs.
        Quant au commerce, il n’est équitable ni en Suisse, ni ailleurs, tout est permis pour faire de l’argent, les « Actions » ça tire dans tous les sens… et ça concerne uniquement les invendus, donc qualité pas terrible…
        Quand la Suisse a libéralisé son marché (ouvert les frontières) il y a quelques années, ça a été un formidable stimulant pour les vignerons suisses, la qualité a explosé, ainsi que le chiffre d’affaires de toute la profession, et ce fut la renaissance des cépages autochtones qui disparaissaient lentement… et que de fun aujourd’hui de boire un viognier ou un chenin blanc du Valais !

        • Paul Vetter | 23 mars 2013 at 15 h 06 min #

          Tout ce que vous dites est juste. Mais le problème actuel de notre viticulture n’est pas dans le haut de gamme. C’est comme si l’on évoquait les soucis du vignoble bordelais en parlant des Grands Crus Classés. Ce n’est pas parce qu’il se vendent bien que tout va bien. On dit souvent que le Valais a les vins de haut de gamme les moins chers du monde et les vins de bas de gamme les plus chers du monde. Tous les terroirs ne se valent pas, tous les producteurs n’ont pas le même talent… Tout ne peut pas être du haut de gamme. Et si cela était, le marché (vous savez, le sacro-saint marché qui se régule de lui-même et dont les fanatiques du libéralisme louent la sagesse!) et bien, ce marché ne pourrait tout absorber. Et toute la pyramide, même sa partie la plus sommitale, s’écroulerait alors. Bref, la viticulture suisse a ses problèmes qu’aucun coup de baguette magique ne saurait résoudre. Et qu’une libéralisation sauvage ne résoudra pas non plus.

          • Patrice | 24 mars 2013 at 20 h 06 min #

            Vous avez tout à fait raison, je ne me suis pas occupé du bas de gamme… Mais comme en France, je crois qu’il faut tirer tout le monde vers le haut; les vins de supermarché (en France) ont fait de gros progrès depuis quelques années, cela contribue sûrement à enrayer la désaffection générale pour ce genre de vins (baisse de la conso globale). Il ne faut pas que la mauvaise qualité chasse la bonne, à cause de la guerre des prix. Et donc les supermarchés doivent avoir une attitude responsable, ne pas jouer uniquement sur l’écrasement des prix (finalement on se rejoint !).
            PS Je suis tombé sur votre site grâce à un sommelier qui m’a parlé du vignoble des Evouettes…

    • Fred | 19 mars 2013 at 10 h 23 min #

      Commentaire stupide. Allez essayer de vendre un carton de vin Suisse en France… et vous comprendrez. Ne soyons pas pire que les autres, mais sachons protéger NOTRE culture, NOTRE terre, NOS produits.

      • Patrice | 23 mars 2013 at 10 h 40 min #

        Il ne s’agit pas tellement de se protéger, il s’agit de faire des vins de qualité. Il y a une grosse masse de vins suisses en supermarché qui ne valent rien du tout… Personnellement j’ai acheté bcp de vin directement chez le producteur (dans le Valais : Benoit Dorsaz, Simon Maye, MT Chappaz, Cornulus, Christophe Abbet et bien d’autres, sans compter le vaudois et Genève…), ces producteurs font des vins excellents et pas chers (par exemple fendant les Fauconniers de Simon Maye 11 ou 12 FS, syrah Quintessence de Benoit Dorsaz un peu plus de 20 FS). Seulement voilà, impossible d’exporter ces vins, les Français ne pourront jamais les voir : ils sont immédiatement épuisés fin mai !! La solution est donc la qualité, et là il n’y a pas besoin de se protéger, le rapport qualité/prix des meilleurs vins suisses est excellent ! (Christophe Abbet est un peu plus cher, mais ça vaut largement le coup).

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