L’IVV réclame des moyens

Le revenu brut de la viticulture valaisanne est en forte baisse. Pour contrer cette évolution, les vins du canton doivent conquérir des parts de marché, notamment en Suisse alémanique. L’offensive exige des moyens financiers supplémentaires.

En 2012, le revenu brut de la viticulture valaisanne s’est élevé à 166 millions de francs, soit 20 millions de moins qu’en 2011 et 34 millions de moins qu’il y a quatre ans. « Ce sont des pertes très importantes », a indiqué à l’ats Paul-André Roux, président de l’Interprofession de la vigne et du vin du Valais (IVV), confirmant une information diffusée jeudi sur « Rhône FM ».

Selon Paul-André Roux, ce recul s’explique par trois facteurs: la baisse de la consommation, le franc fort qui favorise les importations de vins étrangers et un surplus de la production 2011 qui n’a pas pu être régulé en 2012.

MANQUE DE RELÈVE

« Nous sommes très inquiets de cette situation car elle entraîne d’autres conséquences », note le président de l’IVV. Ainsi, le nombre d’apprentis viticulteurs et cavistes a fortement régressé lors de la dernière rentrée, témoignant « d’un désintérêt des jeunes pour ces professions ».

D’autre part, la faiblesse des prix ne motive pas les vignerons à procéder au réencépagement. « J’ai constaté personnellement que certaines vignes sont progressivement laissées à l’abandon », déplore Paul-André Roux.

Pour le président de l’IVV, la viticulture valaisanne est dans une période charnière. Son salut passe par une conquête du marché suisse alémanique « largement sous-exploité ». Pour y parvenir, l’interprofession doit faire davantage de promotion et donc disposer de moyens financiers supplémentaires.

MANQUE DE MOYENS

L’IVV dispose d’un budget annuel de promotion de quelque 3 millions de francs. Entre 2012 et 2013, la contribution de l’Etat du Valais a été divisée par deux, passant de 600’000 à 300’000 francs, indique Paul-André Roux. L’IVV essaiera de récupérer ce montant via la présentation d’un projet solide

Pour les années avenir, l’interprofession compte bien sensibiliser les pouvoirs publics à la situation de la branche. Les vignerons et encaveurs seront, eux aussi, sollicités. Leurs redevances s’élèvent actuellement à 2 millions de francs environ et constituent la grande part du budget de l’IVV.

Une augmentation de cette redevance sera discutée. « C’est une situation paradoxale et ce ne sera pas facile à faire passer mais il faudra faire des choix », constate Paul-André Roux. Les discussion seront menées en 2013.

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About Paul Vetter

Paul Vetter, journaliste spécialisé dans le domaine vitivinicole pour la chaîne de télévision valaisanne Canal9. Ce blog n'engage cependant pas la chaîne.
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