Bouteille Grand Cru: c’était en 2007…

Si vous avez lu les derniers développement au sujet de la fameuse bouteille Grand Cru (voir la rubrique « recherche » sur le blog), cet article, écrit en mars 2007, alors que je travaillais en presse écrite, vous fera bien rire. Peut-être un peu jaune, mais j’avoue que j’ai pris du plaisir à le relire, à la lumière des derniers événements. Et comme les plaisirs solitaires ne sont pas les plus valorisants, je partage…

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Un porte-drapeau chahuté

La bouteille qui devrait accueillir tous les Grands Crus communaux du canton a de la concurrence avant même d’avoir vu le jour. Son utilité n’est pas pour autant contestée.

«Le signe distinctif et uniforme à la commercialisation des vins Grand Cru est la bouteille Valais, dont les droits sont détenus par l’Interprofession, à l’usage exclusif des vins Grand Cru.» L’article 13 du règlement de contrôle Grand Cru, homologué en décembre 2005 par le Conseil d’Etat, est clair. Pour prétendre au label Grand Cru d’une commune valaisanne, les vins devront impérativement être commercialisés dans la bouteille officielle encore à l’étude. Pour nous convaincre de sa proche réalité, le directeur de l’Interprofession de la vigne et du vin (IVV), Pierre Devanthéry, nous dévoile quelques projets. «Lorsqu’ils seront affinés, nous les présenterons à notre «commission qualité» puis à l’ensemble de notre comité qui devra valider le choix», explique-t-il. Pour éviter d’inutiles complications, les modèles présélectionnés devront correspondre à la quasi-totalité des formats d’étiquettes et être adaptés à la plupart des chaînes de mises en bouteilles.

Grincements de dents

Le directeur de l’IVV n’ignore pas que, dans les communes ayant déjà leurs bouteilles depuis plusieurs années comme Vétroz et Salquenen, le changement ne se fera pas le sourire aux lèvres. Deux communes auxquelles s’ajoute aujourd’hui Fully qui présente ce printemps une bouteille à son nom (voir encadré). «Nous avons notamment tenu compte du problème de Vétroz qui avait un contrat en cours avec son fournisseur. Pour eux, nous avons repoussé de deux ans, soit à fin 2008, l’introduction de la bouteille cantonale», précise Pierre Devanthéry.

A Salquenen, Philippe Constantin qui représente le premier Grand Cru mis en place en Valais est à l’aise: « Nous allons donc nous adapter à la loi cantonale et utiliser la bouteille officielle. Car nous n’avons pas de bouteille Grand Cru. A l’origine, notre bouteille Salquenen était prévue pour le Grand Cru, mais comme nous avons imposé une dégustation après la mise en bouteille, il n’était plus possible de la réserver à ces vins. Elle accueille aujourd’hui les meilleurs pinots noirs de la commune, Grands Crus ou non. »

Du côté de Vétroz, Gilles Besse, qui préside les Grands Crus, manifeste davantage de retenue à l’égard de la bouteille Valais. «La nôtre existe depuis 1994. Pendant toutes ces années, nous avons investi en communication une somme qui doit aujourd’hui approcher le million. Nous demandons qu’on fasse une exception afin que Vétroz puisse garder sa bouteille.» L’œnologue et co-propriétaire de la cave Jean-René Germanier SA estime pourtant qu’avoir une même bouteille Grand Cru pour tout le canton est plutôt cohérent. A titre personnel, il ne ferme pas complètement la porte à l’adoption de la bouteille valaisanne, «à condition qu’il s’agisse d’une belle bouteille qui rehausse l’image des vins et sur laquelle on retrouve aussi l’appellation communale». Mais il doute que l’ensemble du groupement accepte facilement un changement. «On pourrait alors sortir du Grand Cru et opter pour une marque qui nous appartiendra».

Démarche volontaire

Pierre Devanthéry, lui, se contente de rappeler que la démarche Grand Cru est volontaire. Les premières bouteilles Valais devraient être sur le marché au printemps 2009 puisque les premiers règlements communaux seront homologués pour la récolte 2008. «Des demandes formelles ont été déposées par les communes de Savièse, Sion, Sierre, Leytron, Saillon alors que Vétroz, Fully, Conthey, St-Léonard et Salquenen adaptent actuellement leurs règlements existants. Dans tous les cas, il a été demandé d’affiner les secteurs d’encépagement en tenant compte notamment des données collectées par l’étude des terroirs dont les résultats définitifs seront publiés en mai. Lorsque ce sera fait, les règlements seront homologués. A ce moment-là, la bouteille Valais sera prête», conclut le directeur de l’IVV.

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About Paul Vetter

Journaliste professionnel, Paul Vetter a longtemps travaillé comme spécialiste vin et viticulture pour des médias valaisans. Ayant décidé de se consacrer à d'autres activités, il continue à suivre attentivement les vins du Valais et la politique vitivinicole menée dans le canton. Il vous rend en compte en toute liberté.
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