France: halte au surdosage

Intéressant article publié sur le site www.vitisphere.com. D’autant plus qu’un lecteur français de ce blog m’avait un jour fort énervé puisqu’il qualifiait le vignoble suisse de « vignoble le moins bio du monde ».  Et ce qui suit, alors, ça ne correspond sûrement pas aux standards de la production intégrée, largement répandus chez nous. Même si les abus sont sûrement nombreux, notamment chez les vignerons du samedi…

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Depuis le Grenelle Environnement, la réduction des intrants phytosanitaires a officiellement tout de la grande cause nationale. Le rapport EcoPhyto de Jean-Pierre Butault (INRA Versailles) donnait comme objectif à la viticulture de réduire de 37 % l’usage de produits phytosanitaires. « Un objectif d’autant plus ambitieux qu’actuellement la réduction est nulle » commentait Geoffroy Enjolras (maître de conférence à l’universite d’Aix en Provence). Lors de la sixième journée scientifique de la vigne et du vin de Montpellier SupAgro, il ajoutait « qu’il n’était un secret pour personne que les objectifs d’Ecophyto 2018 ne seront pas atteints ».

Cependant les résultats de l’étude « entre dose homologuée et dose réellement appliquée » qu’il présentait laissait envisager une réduction de l’usage de phytosanitaires par le simple respect des prescriptions. Dans le cadre du projet Précovision, Geoffroy Enjolras a basé son étude sur des appariements entre diverses bases de données (recensement agricole, pratiques culturales, données météorologiques, e-phy…) permettant le suivi de 106 exploitations viticoles françaises, représentatives du vignoble français en taille et typologie de production.

D’après cette étude, 40 % des exploitations pratiquent le surdosage (dose appliquée supérieure à celle homologuée). Pour le quart de ces exploitations, il s’agit même d’une surdosage important. Ces exploitations sont généralement plus petites (en taille et en chiffre d’affaires), moins spécialisées en viticulture, plus utilisatrices en main d’œuvre et sont plus exposées aux aléas climatiques. De manière logique, les variations de températures sont en effet un facteur clé pour expliquer un management du risque menant au surdosage.

« Les facteurs clefs du surdosage correspondent à des variables financières, aux conditions climatiques et à la perception des exploitants » conclue Geoffroy Enjolras, qui ajoute que « le surdosage relève d’une volonté de maximiser le profit de l’agriculteur ». D’après l’étude, un autre élèment important, influant positivement sur le surdosage, est l’âge du matériel de pulvérisation. Il apparaît également que les exploitations où il y a surdosage consignent moins leurs pratiques phytosanitaires et« apparaissent moins attentives aux conditions d’utilisation des produits ». Mais ces entreprises sont également moins endettées et plus rentables, notamment grâce à une meilleure productivité.

Source: www.vitisphere.com

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About Paul Vetter

Paul Vetter, journaliste spécialisé dans le domaine vitivinicole pour la chaîne de télévision valaisanne Canal9. Ce blog n'engage cependant pas la chaîne.

One Response to “France: halte au surdosage”

  1. Guillaume | 31 mai 2013 at 9 h 53 min #

    Il est préférable de consommer du vin suisse !

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