Au consommateur de jouer !

Je viens de répondre à la question précise d’un lecteur: quel est mon avis sur le passage de 2 à 20 litres du volume de vin à l’importation (voir articles précédents).  Ma courte réponse est finalement assez longue. Je la laisse en commentaires dans l’article, mais je la reprends légèrement complétée ci-dessous, histoire de rentabiliser mon effort dactylographique.

Pour moi, pas d’avis tranché, mais plusieurs réflexions…
1) je comprends les soucis et l’énervement des professionnels déjà soumis à une concurrence pas toujours « loyale », les conditions de production n’étant pas les mêmes d’un pays à l’autre.
2) une telle mesure devrait au minimum être réciproque. Ce n’est pas le cas. Et ça, c’est inadmissible.
3) je constate cependant que beaucoup de ceux qui s’insurgent contre la concurrence des vins étrangers sont importateurs et vendent des crus étrangers en Suisse. C’est le cas de la plupart des grands négociants. C’est leur droit, ça dégage de la marge, ça peut profiter à l’actionnaire voire même au vigneron, mais ça brouille un peu la clarté du combat pour la fermeture des frontières.
4) je constate aussi que certains sont de grands entrepreneurs libéraux quand ça les arrange, et quand ça les arrange seulement. Dès que cela va mal, ils appellent l’Etat au secours et réclament des formes plus ou moins sévères de protectionnisme.  Personnellement, je n’ai rien contre l’intervention de l’Etat, mais il faut accepter que celui qui paie dicte certaines règles. Et tout ce qui vient de l’Etat n’est, à mon sens, pas mauvais, comme certains semblent le croire. Des garde-fous sont souvent indispensables, car la course au profit rend parfois un peu fou…
5) finalement, à titre personnel, j’en appelle – et je l’ai déjà fait à plusieurs reprises – à une sorte de patriotisme vitivinicole. 2 litres ou 20 litres à la frontière, ça ne changera pas grand chose. Les taxes actuelles ne sont pas prohibitives. C’est au consommateur de décider s’il veut boire suisse ou étranger. Moi, j’ai fait mon choix depuis plusieurs années déjà.

PS. Une remarque déjà faite à plusieurs reprises sur Facebook: chaque fois que quelqu’un publie une photo d’un grand bordeaux, de nombreux « j’aime ». Faites de même avec un vin suisse et vous verrez la différence. C’est l’état d’esprit qui doit changer. Comment faire pour que les amateurs de vins soient fiers des crus régionaux ? Je n’ai pas de solution. Moi, j’en suis fier, mais c’est venu tout seul. Je n’ai pas de mérite. J’aime les vins de chez moi.

J'aime les vins de chez moi.

J’aime les vins de chez moi.

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About Paul Vetter

Journaliste professionnel, Paul Vetter a longtemps travaillé comme spécialiste vin et viticulture pour des médias valaisans. Ayant décidé de se consacrer à d'autres activités, il continue à suivre attentivement les vins du Valais et la politique vitivinicole menée dans le canton. Il vous rend en compte en toute liberté.
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