Giroud, et encore Giroud

Faute de faire parler de lui par la qualité de ses vins, Dominique Giroud est aujourd’hui une vedette en Valais. Des problèmes fiscaux qui se chiffrent en millions avec société écran à l’autre bout du monde et tout et tout… Des soupçons de tricherie avec du Saint-Saphorin possiblement coupé au Fendant de bas de gamme.  Ajoutez-y un conseiller d’Etat emmené avec lui dans ses bagages pour son voyage au pays de la tourmente médiatique et le bilan est complet.

Depuis la sortie de l’affaire par le Temps et mon excellente consoeur Marie Parvex, je me suis efforcé d’observer…  On s’en est d’ailleurs étonné parmi les lecteurs de ce blog. C’est vrai que je n’ai jamais été un grand admirateur de Dominique Giroud, avec qui j’avais eu maille à partir voici quelques années. Mais pour enquêter, il aurait fallu avoir du temps, mais aussi des compétences financières et juridiques que je n’ai pas nécessairement.  Je me suis donc sagement abstenu. Et d’autres s’en sont chargés mieux que je n’aurais pu le faire.

Photo: Le Temps

Photo: Le Temps

Aujourd’hui, au vu de l’évolution de l’affaire Giroud, j’ai tout de même deux sujets, l’un d’énervement, l’autre d’étonnement.

D’énervement, lorsque je lis que Dominique Giroud négocie le montant de son amende avec le fisc. Mais depuis quand est-on en position de négocier lorsque l’on est fautif. N’y a-t-il pas un loi qui s’applique même à M. Giroud, sans pitié ni concession et surtout, sans négociation. La prochaine fois qu’un pandore m’arrête en bordure de route avec la visible intention de me tailler une bûche méritée, j’invoquerai la « Lex Giroud » pur négocier le montant de mon amende. Non, j’espère bien que si magouillage il y a eu, celui-ci sera sanctionné sans tenir compte des états d’âme du fautif. Punkt Schluss!

D’étonnement aussi. Comment peut-on frauder le fisc à hauteur de 7 ou 8 millions quand on travaille dans un secteur que l’on dit sinistré. Les encaveurs s’accordent à clamer qu’il leur est impossible de rétribuer correctement les vignerons, car les vins suisses sont victimes de la concurrence quasi-déloyale des crus étrangers. Dans le même temps, Dominique Giroud, qui, sans être d’une générosité hors normes, n’était pas le moins bon payeur dans le lot, arrive à cacher des millions à son percepteur, tout en déclarant probablement des montants relativement crédibles. Et c’est d’autant plus surprenant que le négociant chamoso-sédunois est particulièrement actif dans les gros volumes, ceux qui, dit-on, se vendent à perte.  Trois possibilités. Soit Giroud est un génie de la vente, soit ses concurrents sont tous des pinces … Et la troisième possibilité, c’est bien que ces montants improbables viennent d’un autre secteur d’activité qui reste à déterminer.

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About Paul Vetter

Paul Vetter, journaliste spécialisé dans le domaine vitivinicole pour la chaîne de télévision valaisanne Canal9. Ce blog n'engage cependant pas la chaîne.

One Response to “Giroud, et encore Giroud”

  1. Rausis Christian | 24 décembre 2013 at 9 h 57 min #

    Pour M. Giroud qui aime bien les références bibliques, j’en citerai 2 :

    Matthieu 7.1. Ne jugez point, afin que vous ne soyez point jugés
    et
    Proverbes 22.8. Celui qui sème l’iniquité moissonne l’iniquité, et la verge de sa fureur disparaît.

    Ceci dit, j’ose espérer que la justice sera juste. Quand je pense que le fisc nous a cherché des noises pour quelques centaines de francs concernant des déplacements justifiés de mon épouse, j’avoue que tous mes poils se hérissent quand j’entends que ce Monsieur désire négocier.
    Wait and see !

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