Arvine pure arvine, pas gagné d’avance

Petite enquête pour savoir ce que pensent les producteurs du postulat accepté par le Grand Conseil au sujet du droit d’adjonction pour la Petite Arvine.

Résumons: le législatif demande au Conseil d’Etat de supprimer le droit de mettre jusqu’à 15% d’un ou plusieurs autres cépages dans la Petite Arvine. Un droit fixé dans l’Ordonnance sur la vigne et le vin du Valais.

En saisissant mon téléphone, je pensais bien que les négociants – les grandes maisons, comme on les appelle le plus souvent – étaient opposés à cette suppression du droit d’adjonction. Pas de surprise: c’est bien le cas. Parfois pour des motifs très généraux – « la politique n’a pas à se mêler des procédés oenologiques » – d’autres fois pour des motifs commerciaux – « nous produisons les vins que demande le consommateur » ou « la vérité est dans le verre ». Evidemment, on ne s’est pas précipité pour invoquer les motifs économiques sous-jacents à ce genre de démarche, un litre d’une spécialité moins porteuse étant alors vendu au prix de la Petite Arvine. Mais bref!

Ce qui m’a davantage surpris, ce sont les réactions de certains vignerons-encaveurs. Il y a bien sûr ce qui sont heureux de la décision et qui le font savoir. Mais il y en a aussi beaucoup qui relativisent. « Nous applaudisssons, mais d’une main seulement », plaisante Thierry Constantin, le président des vignerons-encaveurs valaisans. « Il nous semble qu’une limitation à 5% serait plus raisonnable. » Que faire en effet s’il manque 10 litres dans une barrique d’arvine ? Ouvrir des bouteilles de l’an dernier s’il en reste,,, ou rajouter du Païen ? Qu’est-ce qui est mieux?

Dans notre sujet pour Canal9, Philippe Darioli estime que cette décision est un « effet de manches » qui tombe à pic en pleine affaire Giroud. Avec certes des retombées positives pour l’image des vins valaisans. Mais il estime que l’on devrait commencer par le bon bout. « Il faudrait d’abord  limiter les rendements à la vigne. On peut produire 1,2 kg de Petite Arvine alors que le Chasselas est limité à 1,1 kg au mètre. Tout cela est incohérent » Pour lui, c’est tout le règlement AOC qu’il faut revoir. Etre plus restrictif pour les AOC, et plus permissif pour les vins de 2e catégorie.  Une proposition qui semble pertinente. Car on peut se demander à quoi sert une AOC obtenue par 98% des vins.

100% arvine, 100% Fully. Les encaveurs de Fully Grand Cru en ont fait leur slogan.

100% arvine, 100% Fully. Les encaveurs de Fully Grand Cru en ont fait leur slogan.

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About Paul Vetter

Journaliste professionnel, Paul Vetter a longtemps travaillé comme spécialiste vin et viticulture pour des médias valaisans. Ayant décidé de se consacrer à d'autres activités, il continue à suivre attentivement les vins du Valais et la politique vitivinicole menée dans le canton. Il vous rend en compte en toute liberté.

2 Responses to “Arvine pure arvine, pas gagné d’avance”

  1. darbellay | 27 mars 2014 at 9 h 12 min #

    Deux tristes record battus!
    2013 : la plus faible récolte depuis plus de 40 ans! (celle de 1974)
    2014 : le plus bas prix payé à la production depuis de plus de 40 ans (1971)
    Plus grave encore, plus inquiétant, cette incapacité à valoriser même ces plus petites récoltes.
    Que penser de l’attitude timorée de la profession incapable de de prendre la moindre mesure pour améliorer l’image de nos produits, ses aternoiements , ses marchandages en mesquins % pour préserver quelque minable profit sur l’indécent coupage de l’arvine en dit long.
    Et au lieu de régler les problèmes d’aujourd’hui, devant l’urgence de la situationde convoquer des « états généraux de la viticulture », comme le demande le député Laurent Léger, on remet ça aux calendes greques, non, je m’excuse à 2020!

  2. darbellay | 27 mars 2014 at 9 h 16 min #

    Deux tristes records battus!
    2013 : la plus faible récolte depuis plus de 40 ans! (celle de 1974)
    2014 : le plus bas prix payé à la production depuis de plus de 40 ans (1971)
    Plus grave encore, plus inquiétant, cette incapacité à valoriser même ces plus petites récoltes.
    Que penser de l’attitude timorée de la profession incapable de de prendre la moindre mesure pour améliorer l’image de nos produits, ses aternoiements , ses marchandages en mesquins % pour préserver quelque minable profit sur l’indécent coupage de l’arvine en dit long.
    Et au lieu de régler les problèmes d’aujourd’hui, devant l’urgence de la situationde convoquer des « états généraux de la viticulture », comme le demande le député Laurent Léger, on remet ça aux calendes greques, non, je m’excuse à 2020!

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