Abécédaire des cépages: C comme Chasselas

Lavaux, les origines du chasselas

Lavaux, les origines du chasselas

Origines – Que n’a-t-on pas dit et écrit au sujet de l’origine du Chasselas. Selon certains, il aurait une origine orientale, Egypte ou Turquie. Pour d’autres, son berceau serait en France. D’autres encore situent sa naissance en Suisse. Les récentes études de José Vouillamoz confirment cette dernière hypothèse considérée comme la plus vraisemblable, faute d’être formellement vérifiée. Je cite: “Associée aux données historiques, l’analyse génétique désigne très vraisemblablement l’arc lémanique comme centre d’origine du chasselas, plus probablement le canton de Vaud où s’observait au XIXe siècle la plus grande diversité de formes.”
A noter que les mentions du Chasselas apparaissent au XVIe et XVIIe siècle, d’abord dans le Würtemberg (D), puis en Bourgogne (Fr) et dans le canton de Vaud.

Surfaces – En 2010, on estimait à 38’000 ha la suface occupée par le Chasselas dans le monde. A noter qu’il y est souvent cultivé pour la production de raisins de table. Principal producteur: la Roumanie (13’000 ha), la Hongrie (10’000), la Suisse (4000 ha), la France (2600 ha), l’Allemagne (1100 ha), la Russie (500 ha). Toujours des chiffres de 2010.
En Suisse, les derniers chiffres, ceux de 2013,  font état de 3954 ha de chasselas. Première région productrice, Vaud (2312 ha), devant le Valais (966 ha), Genève (329 ha), Neuchâtel (181 ha), Berne (78 ha) et Fribourg (50 ha), … A noter que 14 cantons produisent du chasselas.
En Valais, le Chasselas a perdu beaucoup de terrain ces dernières années. En 1991, on en cultivait 1850 ha. On en était encore à 1647 ha en 2000, et 1338 en 2004. On a donc eu affaire à une véritable campagne d’arrachage, au profit de ce qu’on appelle les « spécialités », qui ont pour beaucoup une bien meilleure rentabilité économique.

Production – Le Valais a produit l’an dernier (petit millésime quantitatif, on le rappelle), 10,353 millions de kg de Chasselas. Ce qui a permis d’encaver 8,282 millions de litres de Fendant, puisque telle est l’appellation du Chasselas en Valais. Ces raisins avouaient un taux de sucre naturel moyen de 78,2° Oechslé (18,91 brix). Seuls 16% de la vendange valaisanne se situait à moins de 75° Oechslé. La grande majorité des raisins ont été encavés entre le 27 septembre et le 17 octobre 2013.
Sion est la première commune productrice de Chasselas, la seule à dépasser l’an dernier le million de litres de Fendant (1’065’575 litres). Conthey suit avec 890’934 lt. Puis on trouve Savièse avec 625’788 lt, Fully (602’908 lt), Sierre (486’183 lt), Chamoson (433’458 lt), Vétroz (362’331 lt), Leytron (349’267 lt), St-Léonard (344’454 lt), …
Vingt et une communes ont dépassé la production de 100’000 litres de Chasselas en 2013. Et le Fendant est le vin le plus produit dans 14 communes viticoles.

Chasselas grappeLa vigne – Le Chasselas est un cépage de première époque, de vigueur plutôt élevée, avec un gros potentiel de production. Mais comme il est sensible tant à la coulure qu’au millerandage lorsque le climat est difficile durant la floraison…
Pas particulièrement sensible à la pourriture grise, le Chasselas est par contre sujet à la carence en magnésium, à la chlorose ferrique, aux maladies du bois. Il est aussi très sensible à l’excoriose, une maladie cryptogamique qui touche les sarments, et au folletage des grappes qui engendre desséchement du rameau et des feuilles. En outre, le Chasselas redoute le stress hydrique et les déficits azotés.
La feuille de Chasselas est pentagonale avec une face supérieure vert clair. La grappe est moyenne à longue, moyennement compacte. On reconnaît aussi le Chasselas à ses jeunes feuilles cuivrées. Quant aux baies à maturité, elles sont souvent joliment dorées.

Le vin – Difficile de décrire un Chasselas (ou Fendant), tant les types sont nombreux. Disons que c’est un vin finement bouqueté, avec des arômes floraux et/ou fruités, et une agréable minéralité. Mais tout cela dépend des terroirs, du climat, du vinificateur aussi. A noter que nombre d’entre eux conservent au vin une touche carbonique. Et parfois en rajoutent même un peu… En principe, on range le Fendant dans la catégorie des “vins de soif” ou “vins d’apéritif”. Mais il en est qui sont aussi plus que cela.
A noter que les meilleurs Chasselas ont un potentiel de vieillissement insoupçonné. Bien sûr, le vin devient alors très différent du cru d’origine. Différent, mais tout aussi remarquable. “Dans les grands millésimes, il adopte après cinq ou dix ans de garde des arômes miellés, des senteurs de noix et une texture onctueuse qui lui confèrent une remarquable personnalité”, précise le site chasselas.ch de nos amis vaudois.

Fendant Amandoleyre: un beau spécimen...

Fendant Amandoleyre: un beau spécimen…

Les Fendants  – Mission impossible que donner une liste des meilleurs Fendants du canton. Je vous donne ici quelques-uns de mes producteurs préférés, mais sachez qu’ils seraient bien plus nombreux à mériter une citation.
Disons que j’aime généralement beaucoup les Fendants de Gérald Besse, Maurice Zufferey, Denis Mercier, Madeleine et Jean-Yves Mabillard-Fuchs, Jean-Daniel Favre, Philippoz Frères, Romain Papilloud, André Fontannaz, Les Fils Maye, Provins (St-Léonard), Robert Taramarcaz, Jean-René Germanier, Cornulus, Charles Bonvin Fils …
A noter enfin que j’ai un peu plus de peine avec la tendance de certaines caves à laisser un peu de sucre résiduel dans leur chasselas. Mais comme cela plaît, je respecte la liberté du commerce.

 

RAPPEL: LES PHOTOS DE VALAISDUVIN SONT ICI:    http://valaisduvin.tumblr.com/

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About Paul Vetter

Journaliste professionnel, Paul Vetter a longtemps travaillé comme spécialiste vin et viticulture pour des médias valaisans. Ayant décidé de se consacrer à d'autres activités, il continue à suivre attentivement les vins du Valais et la politique vitivinicole menée dans le canton. Il vous rend en compte en toute liberté.
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