Humagnes: des vins qui savent durer

Dégustation d’anciens millésimes d’Humagne blanc et d’Humagne rouge, ce matin à Leytron. Une manière intelligente de lancer la Fête de l’Humagne qui se déroulera à Leytron vendredi 7 et samedi 8 novembre prochains. Présentés par Dominique Fornage – qui lui n’est plus à présenter – ces 23 vins (10 blancs, 13 rouges) ont convaincu les chanceux qui ont pu les goûter. Voici un résumé de ce moment privilégié.

Humagnes 141031-01Les blancs d’abord. Un tour de chauffe réussi avec le millésime 2008 de David Rossier. Un vin à la fois tonique et ample, floral et fruité, avec une belle acidité finale. Belle série ensuite avec un chassé-croisé des vins de Defayes-Crettenand 2006, 2002 et 1999, et de ceux du Domaine du Grand-Brûlé (Cave de l’Etat) de 2004 et 2001. Des crus assez différents, tantôt sur la fraîcheur et l’énergie, tantôt plus amples et miellé, avec un effet millésime bien marqué.
Avec le 1998 de la Cave du Bosset (Romaine Blaser-Michellod), on a ensuite un bel exemple de la haute tenue de ce cépage. Un vin encore très jeune par sa couleur, mais aussi par sa bouche très fraîche et pure. Une touche florale et des notes d’alcool de poire william, véritable marqueur de l’Humagne blanc. Et bien sûr une finale bien minérale qui prolonge le vin.
Retour ensuite chez Defayes-Crettenand avec le 1991 à la belle robe or. Là encore, élégance, pureté, sur des notes épicées. Un vin avec beaucoup de densité équilibrée par la fraîcheur. Densité et puissance aussi avec le 1990 du Grand-Brûlé sur les notes d’épices, avec un alcool très positif et une minéralité vivifiante.
Fin de série avec le 1981 du Domaine du Grand-Brûlé toujours. Un vin sec, frais, bien agréable avec notamment en finale la touche de william et quelques épices. Trente-trois ans, et encor une belle énergie. Bravo!

Humagnes 141031-02Les rouges ensuite. Treize vins, de 2005 à 1976 pour le plus âgé. Et là encore beaucoup de belles surprises. Et aucune véritable déception puisque les vins ont été soigneusement choisis. Quelques coups de coeur pour ne pas tomber dans le piège de la liste sans fin.Le millésime 2000 de Defayes-Crettenand d’abord, Un vin charnu et corsé, avec un beau volume de bouche. Des notes de violette, de fruits noirs, d’écorce de chêne et d’agréables tannins. Le 1999 de Gilbert Devayes ensuite.  Une grande densité, de la puissnace. Fruits noirs, écorce de chêne, baie de genièvre. Un vin élevé subtilement dans des barriques de 2e et 3e vin. Le 1998 du Rhyton d’Or (Jean-Jacques Défayes) encore. Une magnifique matière, de la puissance alliée à la finesse. Fruits noirs, épices, note mentholée… Un superbe vin.
Les deux plus âgés, enfin, puisque c’était bien là le but de l’exercice. Servi en magnum (quelle belle idée!), le 1979 de Defayes-Crettenand. Un vin de caractère, pur, élégant, avec de la densité et une finale agréablement fraîche, Un vin qui a du « jus », pour reprendre l’expression du maitre de cérémonie. Et de magniques tannins en finale.  Trois ans de plus pour le 1976 du Domaine de la Creuse (Pierre-Georges Produit). Une robe légèrement tuilée, un poil trouble aussi. Mais quelle fraîcheur et quel fruité. Un vin assez sensuel et presque suave.

Vous l’aurez compris: les deux cépages phares de la commune viticole de Leytron sont sans conteste des cépages de garde. Mais vendredi et samedi, vous aurez l’occasion de constater qu’ils se boivent aussi très bien dans leur jeunesse.

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About Paul Vetter

Journaliste professionnel, Paul Vetter a longtemps travaillé comme spécialiste vin et viticulture pour des médias valaisans. Ayant décidé de se consacrer à d'autres activités, il continue à suivre attentivement les vins du Valais et la politique vitivinicole menée dans le canton. Il vous rend en compte en toute liberté.
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