Abécédaire des cépages: D comme Durize

Durize 140913-04-POrigines – La Durize – aussi appelée Rouge de Fully – est un cépage très confidentiel. Mais au 19e siècle, il occupait près de la moitié des surfaces viticoles de la région Fully-Saillon. Les recherches de José Vouillamoz portant sur l’ADN ont montré que la Durize est “très probablement” un arrière-petit-fils du Cornalin valaisan (voir chapitre qui lui est consacré). Il serait donc descendant des variétés valdôtaines que sont le Roussin (son grand-père), du Petit Rouge, du Mayolet…
La première mention repérée de la Durize date de 1615, ce qui fait de la Durize l’un des plus anciens plants mentionnés en Valais.

Surfaces – La Durize n’est plantée qu’en Valais, à hauteur de 7’175 mètres carrés. Et je ne l’ai repérée que dans deux vignobles: Fully et dans une moindre mesure, Leytron.

Production – L’an dernier, le Valais a produit 5352 kg de Durize, soit 4028 litres. Des raisins vendangés à une moyenne de 92,6°Oechslé (22,13 brix).
Cette production provient de deux vignobles: Fully (78%) et Leytron (22%).

La vigne – La Durize débourre assez précocement mais n’arrive à maturité que tardivement (3e époque). Il faut donc lui réserver des terres bien exposées.
La Durize est un cépage de faible vigueur avec un port semi-étalé. La Durize offre un potentiel de production assez moyen, et parfois même, comme son lointain parent le Cornalin, assez irrégulier. Comme lui aussi, la Durize manifeste une grande sensibilité à la carence en magnisium. Ajoutons-y une sensibilité à l’oïdium.
La grappe de Durize est assez compacte et de taille moyenne. Elle a souvent une ou deux ailes. Les baies, d’un bleu noir, sont sphériques ou, parfois, elliptiques. La feuille adulte, d’un vert moyen, est pentagonale à orbiculaire, avec 3 à 5 lobes. Quant aux jeunes feuilles, elles ont une couleur cuivré-rougeâtre avec sur la face inférieure, des poils couchés.

Vieux ceps de durize, dans les murgères de Fully

Vieux ceps de durize, dans les murgères de Fully

Le vin – La Durize donne un vin de caractère, parfois un peu sauvage, rustique, avec des notes fruitées (baies noires et rouges) et épicées, avec une touche de sous-bois et une belle acidité rafraîchissante. Des rendements trop élevés lui sont très préjudiciables, car lorsqu’elle manque de structure et de maturité, la Durize est un petit vin. Mais c’est le cas de nombre d’autres cépages…

Les Durizes connues – La dernière Durize que j’ai eu le plaisir de déguster, c’est celle de Samuel Roduit (Cave des Follaterres à Fully). Un vin très bien réussi en 2012 notamment.
Je connais aussi, et apprécie, la Durize de Pierre-Antoine Crettenand à Saillon. On trouve encore de la Durize chez André Roduit et Fils et chez André Valloton, les deux à Fully. Et une autre encore, à la cave Escalier de la Dame (Yves Grange) à Saxon. Voilà  pour celles que je connais de près ou de loin. Merci de me signaler celles qui m’ont échappé.

Pour revoir le « Vin de la semaine » de Canal9, consacré à la Durize 2012 de Samuel Roduit, suivre ce lien.

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About Paul Vetter

Journaliste professionnel, Paul Vetter a longtemps travaillé comme spécialiste vin et viticulture pour des médias valaisans. Ayant décidé de se consacrer à d'autres activités, il continue à suivre attentivement les vins du Valais et la politique vitivinicole menée dans le canton. Il vous rend en compte en toute liberté.

One Response to “Abécédaire des cépages: D comme Durize”

  1. Darbellay | 15 novembre 2014 at 21 h 37 min #

    Les Durizes connues.
    Le domaine-école de Châteauneuf était une référence pour ce cépage. Celui-ci a probablement subi le même sort que la cave ! …

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