Viti 2020: notre atout ? on a tout!

Quel est notre atout ? C’est qu’on a tout. Le Valais vitivinicole misera donc sur la diversité, sur sa diversité. Et bien bon courage aux publicitaires qui vont se pencher sur le sujet. Le Valais fait de tout un peu. Venez chez nous pour y goûter.

Si je vais à Zermatt, c’est pour le Cervin, si je vais à Gruyères, c’est pour ce fromage-là et pas pour tous les autres qu’on me proposera sans doute chez le fromager du coin. Si je vais à Montélimar, c’est pour le nougat. On va quelque part pour ce qui rend ce lieu unique, ce qui est sa spécialité, sa spécificité. Et savez-vous ce qui nous rend uniques ? C’est qu’on fait de tout. Bon courage, vraiment.

Cette décision de Viti 2020, c’est à l’évidence un consensus mou entre tous les acteurs. La maison X a une grosse parcelle de viognier, la maison Y a de nombreux fournisseurs de sauvignon blanc, et l’entreprise Z possède un gros stock de merlot… Pour contenter tout le monde, on y va comme ça: venez en Valais, nous sommes spécialistes du généralisme, nous avons toute la panoplie de l’amateur de vin.

Pub Valais Cornalin essentiels

Une campagne qui avait porté ses fruits

Au milieu des années 2000, le Valais avait misé sur deux cépages qui le distinguent de toutes les autres régions viticoles du monde: le Cornalin et la Petite Arvine. Une campagne qui avait porté ses fruits, notamment dans les zones urbaines de Suisse alémanique, public cible s’il en est.

Pub actuelle

Pub actuelle

Sur pression de quelques acteurs majeurs, on a rajouté à la campagne six autres cépages (ou vin, puisque la Dôle faisait naturellement partie du lot). Depuis que cette campagne a été lancée, j’ai souvent posé la question aux amateurs de vins et même aux professionnels: quels sont les cépages mis en avant et avec quel slogan. Je n’ai jamais (vous avez bien lu: jamais!) obtenu une réponse complètement correcte. Et comme on vendait avec le même visuel et le même slogan le bas de gamme et nos meilleurs crus, le consommateur avait j’imagine bien de la peine à y trouver son compte.

Bref!, si huit cépages, c’était trop, on ne va bien sûr pas proposer des visuels pour la grosse cinquantaine de cépages autorisés. Non, on vous parlera de diversité, de mosaïque, de puzzle ou de patchwork aussi, peut-être.  Seul bienfait qui devrait en découler: on pourrait bien revoir enfin nos superbes paysages viticoles dans les publicités pour les vins du Valais, des paysages pour l’instant confinés en fond de verre. C’est déjà ça!

 

 

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About Paul Vetter

Journaliste professionnel, Paul Vetter a longtemps travaillé comme spécialiste vin et viticulture pour des médias valaisans. Ayant décidé de se consacrer à d'autres activités, il continue à suivre attentivement les vins du Valais et la politique vitivinicole menée dans le canton. Il vous rend en compte en toute liberté.

6 Responses to “Viti 2020: notre atout ? on a tout!”

  1. Fred | 30 novembre 2014 at 15 h 46 min #

    Paul, quel est selon toi l’atout viticole du Valais sur lequel on devrait communiquer?
    Frédéric

    • Paul Vetter | 30 novembre 2014 at 18 h 55 min #

      Le meilleur de ce qui fait notre différence. Les cépages autochtones. Renault fait de la formule 1 pour vendre des Twingo.

      • Alex | 30 novembre 2014 at 22 h 23 min #

        Exactement. associé à nos paysages et à notre réputation du swiss made.
        Je suis vraiment déçu de ce consensus. Peut-être que la solution sera de ne plus mettre en avant les cépages mais uniquement les qualités du Valais pour élaborer de grands vins. pfff…
        Bonne chance à nos amis du marketing….

        • Paul Vetter | 1 décembre 2014 at 19 h 15 min #

          Je pense que les cépages autochtones associés aux exigences de la Marque Valais ou du Grand Cru, ça devrait être crédible.

          • Alfredo | 1 décembre 2014 at 21 h 38 min #

            Grand Cru, Grand Cru. On en est bientôt à une vingtaine de cépages, des plus tardifs au plus précoces, des plus méridionaux ou plus septentrionaux, qui ont droit à l’appelation Grand Cru. Qui peut à la fois se qualifier pour la finale du 100 mètres et terminer dans les dix premiers d’un marathon ?

  2. Cerrutti | 2 décembre 2014 at 13 h 18 min #

    La diversité des terroirs et des cépages en Valais est un état de fait, c’est comme cela qu’il est actuellement. Ajoutons à cela les différents savoir-faire, caractère et visions des acteurs de la filière et les différentes qualités des vins. Et vous obtenez une photographie de notre Valais actuel. ( je ne me permet pas de juger du cliché)
    Le vignoble Valaisans est ainsi!!
    Je pense que d’aller contre, ou de faire fi de cette diversité, ce n’est pas une bonne solution, en l’état actuel des choses.
    Communiquer sur 52 cépages n’est peut-être pas la démarche la plus évidente à concevoir, certe. Mais par contre communiquer, pour l’ensemble de l’appellation, sur la diversité, qui est un état de fait en Valais, me parait, évident.
    Ce n’est pas le rôle de l’IVV de communiquer sur les grand-cru ou la marque valais ou l’AOC, sont rôle est de communiquer pour cette ensemble ! Elle est le porte parole d’une marque collective dans son ensemble et pas d’une seul de ses ramifications.

    L’important à l’heure actuel c’est que les acteurs viti-vinicoles Valaisans s’unissent dans cette diversité de terroirs, de visions, de caractères, de qualités, de cépages, de langues, de cultures et de goût pour que le grand publique, leurs clients, les touristes et l’Etat, (et eux-même ???) perçoivent le monde viti-vinicole Valaisans uni, soudé, RESPECTUEUX et INTEGRE!
    Plutôt que comme des EGOS à moitié paniqués et paranoïaque qui tire la cordent de leur côté pour empêcher l’autre d’exister !

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