Viticulture: le débat du Nouvelliste

Pour celles et ceux qui ont manqué cela, voici le « débat » du Nouvelliste publié le 30 décembre. Il réunissait les quatre personnes qui ont contribué à la chronique « Les vendredis de la viticulture » dont j’ai parfois eu l’occasion de vous parler.

Voici d’abord le corps du texte, la partie principale et plus générale.

Nf1

Quelques citations pour celles et ceux qui n’ont pas l’envie de tout lire…

Pas d’amertume ni d’aigreur face à la médiatisation des affaires:  « Non, juste un agacement de sentir qu’en lisant ou en écoutant les médias, notre profession doit être cadrée, millimétrée (…) » (Eric Germanier, vigneron et ancien président de l’IVV)

Commentaire: Ah!, oui, la faute des médias, toujours la faute des médias. Mais n’est-ce pas le comité de l’IVV qui a réclamé haut et fort la tolérance zéro ?

**********

« Sans les affaires, on n’aurait jamais autant parlé de cette notion de traçabilité », reconnaît Eric Germanier. « Peut-être pas cette année, mais ça serait très vite arrivé, car les consommateurs d’aujourd’hui veulent savoir ce qu’ils ont dans le verre. Ce qui est normal », lui répond Madeleine Gay.

Commentaire: Et oui, le consommateur a bien le droit de savoir qui respecte ou pas les règlements. Et c’est, il est vrai, très malheureux qu’on réclame la transparence pour les vins suisses sans avoir les moyens de le faire pour les vins étrangers. Car il faut le dire: le règlement est plus sévère pour les vins valaisans que pour ses concurrents. Mais cela a du bon, car on échappe ainsi à toutes sortes de pratiques plus ou moins inavouables qui nous convaincraient peut-être de boire de l’eau claire.

********** 

A propos des compétences du chimiste cantonal: « Il faut le considérer comme un allié de la branche qui est là pour assurer le fair-play entre les différents acteurs. Comme pour les infractions routières, il faut déterminer celles qui sont d’ordre administratif et les laisser prononcer au chimiste, et celles qui méritent une dénonciation pénale » affirment en choeur Madeleine Gay et Frédéric Rouvinez.

Commentaire: Un allié de la branche, oui, je veux bien. Comme le policier qui vous verbalise après un excès de vitesse ou un problème d’alcool au volant. Cela dit, il faut aussi que les cas de récidives engendrent une punition dissuasive. Sinon, certains continueront à transgresser allègrement les normes autorisées.

**********

« Pour chaque cépage, il faudra avoir une AOC générique pour la production traditionnelle et une AOC+ identifiable et reconnaissable très facilement par le client pour le haut de gamme. Cela pourrait être la Marque Valais. »  (Frédéric Rouvinez ?)

Commentaire: Globalement, je rejoins l’analyse. Ce haut de gamme doit être facilement identifiable, c’est vrai. Il devra correspondre à un cahier des charges exigeant et respecté, apte à garantir tant que faire se peut, des vins de qualité. Pour les vendanges qui ne permettent pas de garantir des vins de qualité, je suis aussi favorable à une grande liberté pour les vinificateurs.
Mais ces « petits » vins devraient émarger à la catégorie « vins de table », celle réservée actuellement aux vins déclassés. Autrement dit: Faites ce que vous voulez (ou presque), aromatisez, édulcorez, désacidifiez, coupez à l’envi. Mais faites-le uniquement pour les vins qui constituent réellement le bas de gamme. Celui des vins à trois francs six sous (entre nous soit dit, ceux pour lesquels nous ne serons jamais concurrentiels, vu nos coûts de production.)
Malheureusement, ce qui se dessine avec Viti 2020, c’est plutôt une dévalorisation de l’AOC de base (par rapport à l’AOC+, vous me suivez?). Et on trouvera à coup sûr une partie de ces vins « fabriqués » dans les mêmes gammes de prix que ceux de l’AOC+ qui s’appellera peut-être Marque Valais (pour s’en convaincre, ci-dessous, la pyramide dessinée par l’IVV).  Une question encore: quelle sera la proportion des uns et des autres ? Si comme l’espère le porte-parole de l’IVV, ce sera du moitié-moitié, on peut en discuter. Mais rien n’est moins sûr.

(à suivre)

 ivv

Tags:

About Paul Vetter

Journaliste professionnel, Paul Vetter a longtemps travaillé comme spécialiste vin et viticulture pour des médias valaisans. Ayant décidé de se consacrer à d'autres activités, il continue à suivre attentivement les vins du Valais et la politique vitivinicole menée dans le canton. Il vous rend en compte en toute liberté.
No comments yet.

Laisser un commentaire