Viti 2020: l’Etat émet des réserves

Le Conseil d’Etat s’est prononcé. Malgré une vision commune quant aux objectifs, la stratégie VITI 2020 élaborée par l’Interprofession de la vigne et du vin  (IVV) suscite quelques réserves sur des points importants.

Le choix de miser sur la variété de notre production d’abord.
La structuration de la pyramide (voir ci-dessous) de nos produits ensuite.

Ecoutez les explications de Gérald Dayer, chef du service de l’agriculture (voir ci-dessus).

ivv

Suivez ce lien pour consulter l’ensemble des réflexions étatiques.

Commentaires

Pour faire simple, disons que j’applaudis les remarques et les bémols posés sur la partition de l’IVV. Dès la première présentation du projet, mes réserves face au projet du comité de l’Interprofession sont allées dans le même sens que celle de nos autorités, bien avant que ces dernières soient exprimées. C’est dire que j’aurais bien du mal à ne pas me réjouir de la position étatique, qui me semble marquée du sceau du bon sens. Miser sur la diversité, c’est une absurdité en matière de marketing. Je l’ai déjà martelé sur tous les tons. Quant à la très comique pyramide des vins du Valais imaginée par l’IVV, elle est tout simplement incompréhensible. Sympathique tout de même l’idée de la marque Valais. De quoi faire plaisir aux mordus de cette appellation bien de chez nous. Mais c’était bien là une « valaisannerie » qui tranchait avec la fameuse et très internationale AOC EU qui devrait absorber toutes les pratiques oenologiques dont le Valais a réussi à se préserver jusqu’ici. En proposant d’adopter les modèles en vigueur dans le reste des grands vignobles européens, notre gouvernement fait preuve de cohérence. Aromatisation aux copeaux de chêne ou édulcoration au sirop de raisin seront alors à disposition des bricoleurs de piquettes, mais dans la catégorie inférieure, celle des IGP. Ce serait une décision saine et cohérente, à mon sens.

Je pense que la majorité des vignerons-encaveurs, qui privilégient les vins de qualité élevés, aux crus « fabriqués », devraient dans leur immense majorité se réjouir des propositions du Conseil d’Etat. Et même ceux qui croient que des artifices oenologiques peuvent racheter des vendanges de basse qualité ne devraient rien avoir à y redire puisqu’ils pourront exercer leur créativité dans la catégorie IGP.

 

About Paul Vetter

Journaliste professionnel, Paul Vetter a longtemps travaillé comme spécialiste vin et viticulture pour des médias valaisans. Ayant décidé de se consacrer à d'autres activités, il continue à suivre attentivement les vins du Valais et la politique vitivinicole menée dans le canton. Il vous rend en compte en toute liberté.
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