Votre Arvine, vous la prendrez avec 1 ou 2 sucres ?

Proposer de pouvoir mettre du moût concentré rectifié (MCR) dans un vin fini, c’est en quelque sorte poser la question: Votre Arvine, vous la prendrez avec un ou deux sucres. Passe encore pour un vin industriel, mais  lorsqu’il s’agit de vins AOC, c’est un crime de lèse-majesté. On n’est plus dans l’élevage du vin, mais bien dans l’élaboration d’un produit industriel, style coca-cola ou sinalco.

Et pourquoi met-on du MCR ? Réponse: pour rendre buvables des vins élaborés avec des vendanges de mauvaise qualité. Une manière de farder une fille laide en espérant lui trouver un fiancé.

Il n’y a pas si longtemps, le président des vignerons-encaveurs valaisans, Thierry Constantin, militait avec toute son énergie castor-autocol finalcoutumière contre la possibilité évoquée de permettre l’ajout de MCR dans les vins AOC. Rappelons que c’est déjà lui l’artisan de la lutte contre l’ajout de copeaux. Lui l’artisan de l’autocollant qui fleurit à l’époque dans toutes les caves sérieuses, avec le castor rongeant une bouteille en bois.

Revenons au MCR. Dans un sujet diffusé sur la télévision valaisanne Canal9, le même patron des vignerons-encaveurs valaisans était pour le moins ferme…

« Le MCR sur un vin fini, c’est une tromperie pour le consommateur, une falsification du vin, c’est un produit exogène qu’on rajoute dans un vin qui est terminé. »

et encore:

« Tout à coup, on pourrait faire tout et n’importe quoi, comme la dernière bibine à 2 francs ».

Je vous laisse voir ci-dessus la vidéo de cette époque très récente (janvier 2014) pour vous faire une idée.

Quelques mois plus tard, l’IVV dans son génial projet « Viti 2020 » réclame de pouvoir utiliser les copeaux et le MCR dans les vins AOC. On aura donc des « bibines à 2 francs » dans nos bouteilles AOC. Réjouissant. Et cela avec le soutien des vignerons-encaveurs… ou en tout cas de son président . Car j’en connais beaucoup qui sont toujours du même avis…

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About Paul Vetter

Journaliste professionnel, Paul Vetter a longtemps travaillé comme spécialiste vin et viticulture pour des médias valaisans. Ayant décidé de se consacrer à d'autres activités, il continue à suivre attentivement les vins du Valais et la politique vitivinicole menée dans le canton. Il vous rend en compte en toute liberté.
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