Viti 2020: de quoi parle-t-on ?

Ces prochains jours, je vais tenter de décortiquer les éléments que je juge les plus intéressants, ou les plus curieux, de VITI 2020, ainsi que de  l’Ordonnance en consultation. J’aurais bien aimé le faire en m’appuyant sur les fameux « 25 points » dont 21 ont été refusés par l’Etat. Ces 21 refus qui ont suscité la lettre incendiaire de l’Interprofession et de ses principales composantes. Malheureusement, et ce n’est pas faute d’avoir essayé, personne n’a accepté de me remettre ces documents. Pour moi, c’est à l’évidence un signe que l’IVV nous cache certaines choses inavouables. Ce déplorable manque de transparence devrait déjà alerter ceux qui dans la profession, ne sont pas dans le secret des dieux.

En entrée de ce menu copieux, les huit grands objectifs de Viti 2020, objectifs partagés par le Conseil d’Etat, selon les termes de Gérald Dayer, chef du Service de l’agriculture.  Pas étonnant puisque de sont là de grands principes. Mais c’est à l’intérieur de ces principes que cela cloche souvent. Mais tenons-nous-en aux principes généraux!

  1. Disposer d’un vignoble de qualité et rentable. Pas besoin de commentaires pour comprendre que tout ami des vins du Valais souhaite qu’on y parvienne. Mais comment ?
  2. Soutenir le professionnalisme et l’entrepreneuriat. L’agriculture valaisanne – et la viticulture en fait partie – est l’une des mieux soutenues du pays, si ce n’est pas la mieux soutenue. Dans le cadre de l’étude des tâches et structures de l’état par l’institut Bakbasel, il était clairement ressorti que dans le domaine agricole, les coûts pour l’Etat étaient plus élevés que ceux de la moyenne suisse. A noter aussi que certains acteurs sont prompts à dégainer leur liberté d’entrepreneurs à chaque fois qu’une règle est édictée. Et qu’ils sont tout aussi prompts à quémander des aides étatiques chaque fois que c’est possible.
  3. Maîtriser la qualité et la traçabilité. Un objectif louable, mais qui entraîne quelques désagréments en matière de contrôle. Il vaut mieux en être conscient.
  4. Favoriser une saine concurrence. Là, il y aura du boulot. Le marché viticole, certains secteurs en tout cas, ressemblent plus à une jungle qu’au monde des bisounours. C’est plutôt le règne des coups tordus en tous genres. Et c’est loin de s’être apaisé depuis la publication de Viti 2020.
  5. Augmenter la valeur ajoutée de la branche. Encore un objectif que tout le monde ne peut que partager. Cela passe par une discipline au niveau du marché. Et les grands acteurs devront se contenter d’une « saine concurrence » plutôt que de se livrer à un festival de coups bas, comme c’est souvent le cas.
  6. Mettre en place une promotion efficace pour rapprocher les consommateurs des producteurs. Evidemment, on est d’accord. Et comme la promotion est du domaine de l’IVV, on se demande pourquoi cette « promotion efficace » n’est pas une réalité depuis de longues années. Personnellement, j’ai plutôt l’impression que notre promotion est sans queue ni tête, qu’elle se délite avec le temps, si l’on excepte un reliquat du passé, les Caves ouvertes qui connaissent le succès (Merci à leur créateur Pierre Devantéry). On pourrait aussi mentionner les étoiles du Valais (Merci à leur créateur) mais la réduction à une seule session est un autre signe de déliquescence.WL_036_e
  7. Favoriser et promouvoir l’oenotourisme. Encore une fois, d’accord. D’ailleurs, à ce sujet, je me demande bien ce qu’est devenu le fameux « Chemin du vignoble » sur lequel plus rien ou peu s’en faut ne se passe.
  8. Réformer les structures de la branche. Effectivement, quand je vois le fonctionnement des dites structures, je soutiens sans réserve une réforme qui éviterait que l’avenir de la viticulture ne se concentre dans les mains d’un tout petit nombre d’acteurs influents.

Voilà pour ce premier chapitre. Analyse point par point dans les jours à venir.

About Paul Vetter

Journaliste professionnel, Paul Vetter a longtemps travaillé comme spécialiste vin et viticulture pour des médias valaisans. Ayant décidé de se consacrer à d'autres activités, il continue à suivre attentivement les vins du Valais et la politique vitivinicole menée dans le canton. Il vous rend en compte en toute liberté.
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