Argumentation étonnante

Après la conférence de presse de celles et ceux qui ne veulent pas qu’on dégrade l’AOC Valais, Yvan Aymon a confié sa réaction au Nouvelliste (Voir ci-dessous).

untitledUn si petit articulet suscite pourtant différents commentaires.

Une bonne nouvelle d’abord: l’IVV se déclare prête à rediscuter sur les points qui font débat. Mais le président précise qu’il s’agit de l’utilisation du MCR et de celle des copeaux. Il oublie de mentionner que les gens qui se sont exprimés ne veulent pas non plus de la Marque Valais. Un oubli ?

Des propos méprisants, ensuite: il fait un distinguo entre ceux qui préfèrent le débat démocratique et ceux qui privilégieraient le tapage médiatique. On peut imaginer qu’il se considère dans la première catégorie et qu’il y range aussi les membres de son comité. Voilà qui est cocasse, puisque celles et ceux que la journaliste qualifie de « puristes » n’ont eu d’autres ressources que de s’exprimer dans la presse pour enfin se faire entendre. Où fut le débat démocratique ? Pas lors de la dernière assemblée de l’UVEV en tout cas, puisqu’on a certes eu droit à une présentation, mais pas question de faire voter… Il ne suffit pas de clamer dans la presse (ciel! un tapage médiatique) que la profession est unanime pour qu’elle le soit. Alors que de nombreuses pages ont été consacrées à l’avis du comité de l’IVV, celles et ceux qui ne pensaient pas comme eux ont dû convoquer eux-mêmes la presse pour qu’enfin on les écoute. Il suffirait de compter les lignes consacrées aux uns et aux autres pour que le sens de la phrase du président s’inverse.

Reste le passage cataclysmique qui laisse planer le spectre du chômage et des faillites (« les conséquences sur l’économie et l’emploi seront lourdes »): il prête à sourire. Et c’est un euphémisme. Provins vient de transférer la gamme Apologia et le Terra Rosso (le reste de la gamme Terra Veritas reste AOC)  en vins de pays. Il m’étonnerait fort que le succès commercial des ces gammes soit en baisse pour autant. D’autres encaveurs à succès ont certains de leurs meilleurs crus hors AOC. C’est le cas de Meinrad et Cathy Gaillard avec leurs magnifiques Area Malbec et Bâton rouge classés en vins de pays parce qu’élaborés avec des cépages non AOC. Et je peux vous dire que ces vins connaissent le succès. Goûtez-les et vous comprendrez pourquoi. Et sous d’autres cieux, Sassicaia a longtemps été un vin de pays vendu à plus de 150 francs la bouteille. C’est dire la pertinence des arguments avancés!

 

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About Paul Vetter

Journaliste professionnel, Paul Vetter a longtemps travaillé comme spécialiste vin et viticulture pour des médias valaisans. Ayant décidé de se consacrer à d'autres activités, il continue à suivre attentivement les vins du Valais et la politique vitivinicole menée dans le canton. Il vous rend en compte en toute liberté.
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