Une bonne idée si…

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Le fond

L’IVV songe donc à lancer, chaque année, ou tous les deux ans, des Etats généraux de la viticulture. C’est bien sûr une bonne idée.  A au moins trois conditions, bien sûr. A condition qu’une large part des professionnels se sente concernée et y participe. A condition aussi qu’on écoute celles et ceux qui se prononceront. A condition encore que ces journées aient été préparées dans les associations, car il est bien difficile de se prononcer à brûle-pourpoint, d’argumenter sur le champ face à des gens qui ont bûché sur le projet depuis des mois.

Pour que cela fonctionne, il faudra donc que les associations fonctionnent. Que l’information passe, qu’un véritable débat démocratique s’en suive. Il ne faut plus laisser la bride sur le cou d’une ou deux personnes censées réfléchir pour toute une frange de la profession.

Je me réjouis donc de cette nouvelle manière de penser au bien commun. Et je regrette que l’idée n’ait germé que suite à ce que le président Aymon a qualifié de « tapage médiatique », seule solution trouvée par les opposants pour ouvrir les yeux de comitards obnubilés par leur pouvoir. Ces états généraux auraient dû précéder la toute première mouture de VITI 2020 présentée au canton. Cela aurait permis d’éviter « d’agacer nos clients » comme le dit la vigneronne qualifiée de réputée, mais surtout anonyme dans l’article du NF.  A ce sujet, il est quand même étonnant que dans un papier qui n’a rien d’un brûlot, les gens critiques soient si souvent anonymes. S’ils existent vraiment – le doute peut subsister – cela n’augure rien de bon pour ces Etats généraux. Car il leur faudra un peu plus de courage pour oser s’exprimer si l’on veut faire avancer le débat. Mais je reviendrai sur la « forme » plus loin.

Pour VITI 2020, on peut quand même dire que la décision de l’IVV arrive comme un ajout de MCR sur un vin fini, comme un cache-misère qui tente de masquer les erreurs du passé. Dans ce dossier, les jeux seront faits à fin janvier, puisque la phase de consultation s’achevait à mi-novembre. Et c’est bien pour cela que de courageux professionnels ont osé signer (sans anonymat aucun) un lettre demandant de ne pas « ouvrir » (lisez affaiblir) l’AOC. Et que malgré les pressions, la quasi-totalité d’entre eux a maintenu sa position au grand dam de ceux qui sont allés les voir pour leur faire changer d’avis.

Mais cela n’empêche pas que je loue la volonté affirmée par l’IVV de vouloir désormais jouer franc jeu, de consulter et de prendre des décisions démocratiques.

Je voudrais encore féliciter Marie-Thérèse Chappaz – vigneronne réputée mais non anonyme – qui, puisque les médias la sollicitent, ne se débine pas et maintien le cap, celui qui permet à l’AOC, le vaisseau amiral de notre vitiviniculture, de cingler résolument en direction de la qualité. Respect à cette grande dame, comme à ceux qui ont oeuvré pour qu’on entende l’autre voix de la profession.

 

La forme

Je l’ai dit ci-dessus: incroyable dans un article de presse écrite de voir tant de citations fantômes, de propos rapportés dont personne n’ose assumer la paternité. C’est au point où cela en devient comique. Ces gens existent-ils vraiment ? On en vient à se poser la question…

Les critiques face à la publication de la liste des signataires sont elles aussi dans le registre comique. D’abord parce qu’on semble vouloir éviter de citer mon nom (oui, c’est moi qui ai publié les noms des signataires à l’enseigne de valaisduvin.com) alors même qu’on affirme que cela « n’a pas eu l’heur de plaire aux modérés ».  Et pourtant, je vous le promets: à aucun moment je n’ai requis l’anonymat. On peut même dire que j’ai fait la démonstration que, quelles qu’en soient les conséquences, j’assume mes propos. Mais peut-être que ces anonymes (qualifiés de modérés, comme si les signataires étaient des extrémistes) sont aussi le fruit d’une imagination fertile; ou alors qu’ils appartiennent au camp des amateurs de copeaux sirupeux. Ce qui serait bien plus excessif que de vouloir simplement le maintien de l’AOC actuelle.

Venant après le compte-rendu étonnant de la conférence de presse des « puristes » (je le répète, malgré l’intention visiblement négative,  je prends cela comme un compliment à l’égard des gens qui refusent qu’on aromatise et édulcore nos vins AOC), ce deuxième papier concernant le débat sur ce point de VITI 2020 me laisse pantois, un brin irrité aussi. Et moi, j’ose le dire.

 

Conclusion

vinasse

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About Paul Vetter

Journaliste professionnel, Paul Vetter a longtemps travaillé comme spécialiste vin et viticulture pour des médias valaisans. Ayant décidé de se consacrer à d'autres activités, il continue à suivre attentivement les vins du Valais et la politique vitivinicole menée dans le canton. Il vous rend en compte en toute liberté.
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