Les objectifs à atteindre… pour 2010

Périodiquement les milieux politiques ou professionnels élaborent un rapport, tirant constats et objectifs à réaliser. En farfouillant les archives, je suis tombé sur un article du Confédéré datant du 25 août 2000. Il s’agit du rapport final du groupe de travail « Viti-viniculture Valais 2006 ». Avec à la clé une « nouvelle stratégie pour l’avenir à moyen et long terme de la viti-viniculture valaisanne. Un groupe de travail présidé par Frédéric Rothen de l’OFAG et comprendant 26 personnalités valaisannes, suisses et étrangères. Deux ans de travaux pour une quinzaine de mesures à réaliser d’ici… 2010. Voyons, voyons!  (cliquer deux fois sur l’article pour le rendre plus lisible)

ConfédérésPremière d’entre elles: la mise en place et la reconnaissance de l’AOC « Valais terroir » centrée sur les spécificités des cépages valaisans.
Une AOC qui a bien été mise en place. Et une politique très clairement basée sur nos cépages autochtones (on dit bien autoKtones). Avec un soutien au réencépagement et une politique marketing basée essentiellement sur le Cornalin et la Petite Arvine. Mais ce qui était une vérité et peut-être même une évidence entre 2000 et 2010, et qui l’est resté lors de la réflexion « Viti 2015 », ne l’est plus aujourd’hui. Avec VITI 2020, on veut augmenter une liste des cépages autorisés déjà fort longue. On souhaite baser le marketing sur la diversité plutôt que sur nos spécificités. Bref, on nage à contre-courant…

Heureusement, les autres objectifs fixés…, et pour beaucoup, atteints, ne sont pas remis en questions.

Parmi ces objectifs, 25% plantés en cépages autochtones. Reste à savoir ce que les auteurs du rapport entendaient par cépages autochtones. Amigne, Arvine, Humagne blanc, Rèze, Cornalin, Humagne rouge, Lafnetscha, Himbertscha, Gouais, … Tout cela pèse tout juste 10% de notre encépagement. Si l’on y ajoute nos spécialités traditionnelles, type Marsanne, Pinot gris, Heida, Muscat, Syrah … on double le pourcentage. Et si l’on classe toutes les « spécialités », on en a 35% de blanches et 30% de rouges.  Objectif atteint ?

Autre objectif intéressant, repris par Viti 2020: le maintien des surfaces de vigne. On était en 2000 à près de 5250 ha. En 2010, on en avait perdu plus de 200, soit près de 4% de la surface. Et  notre vignoble devrait se situer à moins de 4900 ha actuellement, soit une perte proche de 7% depuis 2000.  Je classerai donc cet objectif dans les voeux pieux. Tant à l’époque qu’aujourd’hui.

Enfin, un dernier objectif, où le Valais reste très loin du compte: « un développement significatif de l’exportation: 10% de la production valaisanne vendue à l’étranger dans dix ans, soit 4 millions de litres ou 5 millions de bouteilles ». On est bien loin du compte avec des chiffres qui se situent bon an, mal an entre 1 et 2%.  Il serait intéressant de connaître les montants investis par la promotion cantonale et par les entreprises pour tenter d’atteindre un objectif qui, il faut bien le dire, semble irréalisable.

 

Tags:

About Paul Vetter

Journaliste professionnel, Paul Vetter a longtemps travaillé comme spécialiste vin et viticulture pour des médias valaisans. Ayant décidé de se consacrer à d'autres activités, il continue à suivre attentivement les vins du Valais et la politique vitivinicole menée dans le canton. Il vous rend en compte en toute liberté.
No comments yet.

Laisser un commentaire