La Petite Arvine, notre vin-étendard

On a planté de l’Arvine dans le midi de la France, près d’Uzès, dans la région du Pont-du-Gard. Quelque 2000 litres sont produits sous l’appellation – rusée – de « Petite soeur d’Arvine ». C’est ce que nous apprend aujourd’hui le Nouvelliste. Des bouteilles vendues à 5 euros la pièce.

Arvine France

Il y a donc d’abord une bonne nouvelle. Les producteurs étrangers – outre ceux du Val d’Aoste – s’intéressent à notre Arvine. Assez pour en planter après en avoir dégusté. Et assez pour mettre un drapeau suisse sur leur étiquette (une très bonne pub pour notre vitiviniculture). Et encore assez pour rappeler notre appellation « Petite Arvine » en accolant le même adjectif à proximité du nom de cépage.

Il y a ensuite une mauvaise nouvelle. Le prix de la bouteille ne peut que laisser croire que les producteurs valaisans sont trop chers. Mais le prix correspond généralement – en tout cas partiellement – à la qualité du vin. N’ayant pas goûté la « Petite soeur d’Arvine », je ne puis pas me prononcer. Peut-être ne vaut-elle QUE ces 5 euros. Ou à peine plus, si l’on tient compte des prix de production bien inférieurs dans ces terres mécanisables. Si c’est le cas, la publicité faite à notre cépage phare sera bien évidemment négative.

Plus inquiétant, c’est l’interprétation qui pourrait en être faite par certains producteurs valaisans.  Déjà qu’ils réclament un « assouplissement » de nos AOC, prétextant pouvoir ainsi se mettre au même niveau que leurs concurrents, on les imagine réclamant d’autres mesures pour pouvoir régater contre ces arvines à 5 euros. Pour l’instant, certains ont réussi à en commercialiser à moins de dix francs… Il faudra bien plus qu’une adjonction de 15% pour diviser par deux le prix de revient. Car à 5 euros, on est grosso modo au prix du kilo de raisin.

Mais le Valais pourrait y voir une chance. Si un jour, des Arvines étrangères à bas prix venaient concurrencer nos Petites Arvines, une solution existe. Prouver dans le verre que TOUTES nos Petites Arvines AOC Valais sont d’un autre tonneau. Qu’en la matière, la Valais, son terroir et ses producteurs sont inimitables. Et que 20 ou 25 francs pour une Petite Arvine, c’est le juste prix. Car la formule « Le Valais a les vins de bas de gamme les plus chers du monde, et les vins de haut-de-gamme les moins chers du monde » se vérifiera plus que jamais dans le cas d’un cépage comme la Petite Arvine. Une fois encore, je le répète: le salut de notre viticulture repose sur des vins de haute qualité. Et pas sur la bibine industrielle.

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About Paul Vetter

Paul Vetter, journaliste spécialisé dans le domaine vitivinicole pour la chaîne de télévision valaisanne Canal9. Ce blog n'engage cependant pas la chaîne.
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