Etats généraux: suite et analyse

Quelques citation tirées de l’article du NF… et quelques commentaires. (cliquez à plusieurs reprises pour agrandir)

untitled« Pour nous, les copeaux, c’est un peu vendre notre âme au diable » (Frédéric Rouvinez)
Bravo, c’est bien de le reconnaître. Dommage qu’il y ait un « mais » qui suit. Par contre, l’argument justificatif (les Suisses allemands qui boivent devant la télé !!), frise le ridicule.

« Lorsqu’un grand distributeur veut acheter un vin avec 8 gr. de sucre, si on ne peut en offrir qu’avec 4 gr. soit on garde notre vin soit on lui vend ce qu’il demande. » (Frédéric Rouvinez)
On peut effectivement lui vendre un vin de deuxième catégorie, puisque le MCR (le sirop de raisin) sera autorisé pour les vins de pays. On peut aussi lui proposer du coca-cola qu’il pourra siroter en regardant le feuilleton à la télé (voir ci-dessus).

La solution que nous proposons est de segmenter le marché (NDLR. avec la Marque Valais comme haut de gamme) (Yvan Aymon)
La Marque Valais est un outil marketing qui ne peut en aucun cas remplacer une catégorie officielle de vins. Celles-ci sont édictées par la Confédération. De plus, cette marque est appliquée à toutes sortes de produits divers et variés. Il en coûtera des sommes énormes pour la faire connaître dans le monde du vin. Si elle peut avoir un certain intérêt pour de grandes maisons, elle n’apportera pas de véritables avantages pour les vignerons-encaveurs, déjà noyés sous la paperasse.  Rappelons encore que le Fendant Marque Valais existe théoriquement depuis bientôt dix ans sans que personne n’ait été suffisamment convaincu pour en sortir une seule bouteille. Les véritables bénéficiaires seront les sociétés qui officient comme conseillers pour l’obtention de la Marque.

Exiger que les vins soient mis en bouteille en Valais, c’est un rêve, mais c’est impossible. L’imposer ce serait se priver de gros clients comme Coop (Yvan Aymon)
Aurais-je manqué un chapitre ? La mise en bouteille en Valais est l’une des exigences de l’IVV pour la Marque Valais. On privera donc de gros clients comme Coop du haut-de-gamme valaisan.

Beaucoup de grandes tables ouvrent une brasserie. Le consommateur n’est pas trompé. Il sait qu’il a un menu de brasserie dans son assiette. (Alexandre de Torrenté)
Oui, mais puisqu’il prend l’exemple de Didier de Courten, il devrait préciser qu’il y a deux salles à manger distinctes. Ajoutons à cela que les prix sont vraiment notablement différenciés et que le menu brasserie de Didier de Courten est un menu qualitatif, bien supérieur au plat de brasserie du bistrot du coin. Il n’est pas seulement écrit en tout petit dans un coin que les ingrédients ne sont pas les mêmes et que l’on a utilisé une sauce industrielle pour faire baisser le prix. Et les menus ne sont pas les mêmes, loin de là.  Par contre, une Petite Arvine et une Petite Arvine édulcorée seront bien plus délicates à distinguer, surtout si les prix varient peu ou pas. Ce qui pourrait bien être le cas.

Pour synthétiser: plus que jamais, je reste partisan de mon cri de guerre. Ni copeaux, ni sirop, sauvez nos AOC.

 

 

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About Paul Vetter

Journaliste professionnel, Paul Vetter a longtemps travaillé comme spécialiste vin et viticulture pour des médias valaisans. Ayant décidé de se consacrer à d'autres activités, il continue à suivre attentivement les vins du Valais et la politique vitivinicole menée dans le canton. Il vous rend en compte en toute liberté.
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