Vous avez dit : minéralité ?

Agrovina, c’était la semaine passée à Martigny. Une foire qui met en relation professionnels et vendeurs en tout genre. Mais aussi une manifestation qui se distingue par des matinées très instructives.

L’une d’elle était consacrée au « concept » de minéralité dans les vins, les chasselas en particulier. A la clé, diverses études complémentaires. Sans entrer dans les détails, quelques mots sur cette fameuse minéralité.

Verre On a d’abord appris que ce mot très employé, particulièrement pour décrire des vins blancs – même si son utilisation est en baisse depuis un pic en 2011 – ne figure pas dans les dictionnaires contemporains à propos du vin. Il s’agirait donc d’une sorte de néologisme vitivinicole.  Et ce néologisme assez récent (dans la Revue des vins de France, sa première utilisation a été repérée en 1989) est désormais considéré comme un terme positif, laudatif lorsqu’on évoque la réalité sensorielle.

Autre élément intéressant, c’est que ce mot, personne ne peut vraiment le préciser avec objectivité. Il est souvent, dans l’esprit des dégustateurs, lié à des notions de terroir, silex, pierre-à-fusil, mais aussi acidité, fraîcheur et finesse.

Les chercheurs ont ensuite tenté de déterminer si des paramètres sensoriels se dégageaient pour les chasselas qualifiés de « minéraux ». Quelques traits mesurables peuvent être considérés. Un chasselas considéré comme minéral a généralement plus de carbonique (CO2), plus de SO2 (il est donc mieux protégé contre l’oxydation et moins évolué). Et ces vins ont également plus d’acide malique que de lactique; autrement dit, les vins n’ayant fait qu’une fermentation, plus vifs, sont plus souvent qualifiés de « minéraux ». Mais les chercheurs précisent qu’il est difficile de faire ressortir un marqueur chimique de la minéralité.

En résumé, le portrait robot d’un chasselas qualifié de minéral est un vin avec une note de pierre-à-fusil, un vin avec du gras et du volume, un SO2 libre plus élevé. Un vin avec de la fraîcheur, une tension acide plus élevée que la moyenne.

On constate aussi … et surtout, que la dégustation reste un art de la subjectivité, puisque professionnels ou simples consommateurs utilisent des mots qui ne correspondent à aucune définition précise et qui peuvent faire l’objet d’une interprétation très subjective.

Agrovina stand 160128-01-P

Agrovina: des stands commerciaux, mais pas seulement

Tags:

About Paul Vetter

Journaliste professionnel, Paul Vetter a longtemps travaillé comme spécialiste vin et viticulture pour des médias valaisans. Ayant décidé de se consacrer à d'autres activités, il continue à suivre attentivement les vins du Valais et la politique vitivinicole menée dans le canton. Il vous rend en compte en toute liberté.
No comments yet.

Laisser un commentaire