Changement climatique: une chance ?

Toujours aussi actif, le Musée du Vin valaisan. Et toujours aussi intéressant à l’image de la conférence de Vivian Zufferey proposée jeudi soir. Avec un thème d’actualité: Chaleur et sécheresse, quels impacts pour la vigne ?

Zufferey Vivian 160420-01-PLe chercheur d’Agroscope a brossé un tableau assez détaillé des recherches en cours. Je vous passe les détails, et je vais tenter d’aller droit au but. Pour le vignoble suisse, « le changement climatique n’est pas un si grand problème » et jusqu’ici, « les conséquences ont été plutôt positives ».  Notamment, parce que le réchauffement a permis d’avoir plus fréquemment de bonnes maturations. Et le chercheur de rappeler que dans l’ensemble, le vignoble helvétique se situe à la limite septentrionale pour cette plante. Mais il faut dire que jusqu’ici, l’augmentation est restée modérée, plus 1,5° au XXe siècle.

Cette hausse des températures a différents effets. Une floraison et une véraison plus précoces d’une dizaine de jours, une maturation accélérée. Le chercheur a notamment relevé l’importances des températures nocturnes pour la qualité de la vendange. Après la véraison, une différence marquée avec la température diurne joue un rôle qualitatif majeur.

Le changement climatique en cours va permettre une diversification des cépages dans nombre de régions viticoles, avec davantage de possibilités pour des vignobles aujourd’hui moins favorisés. Les variétés devront être soigneusement adaptées aux terroirs. Pour le Valais, on devra probablement jouer avec l’altitude et avec l’ensoleillement. Peut-être bien que la rive gauche y gagnera quelques lettres de noblesses supplémentaires.

Zufferey Vivian 160420-02-PAgroscope s’est aussi intéressé de près à l’influence d’un possible manque de précipitations. Cela même si la vigne est considérée comme une plante particulièrement résistante à la sécheresse. Une force liée à sa grande capacité à s’enraciner en profondeur. Mais tous les cépages ne sont pas égaux en matière de résistance au stress hydrique.

La dégustation proposée de micro-vinifications faites par les chercheurs d’Agroscope a été révélatrice. Deux constats majeurs: les cépages rouges, le pinot noir en particulier, supportent mieux, et profitent même, d’un stress hydrique modéré. Ce n’est pas le cas de l’essai effectué avec de la petite arvine dont l’échantillon ayant souffert de la soif a été fort mal jugé.

Au final, une soirée très profitable, qui a une fois de plus fait le plein du sensorama de Villa à Sierre. On espère qu’il y en aura bien d’autres encore!

 

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About Paul Vetter

Paul Vetter, journaliste spécialisé dans le domaine vitivinicole pour la chaîne de télévision valaisanne Canal9. Ce blog n'engage cependant pas la chaîne.
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