Un trésor de grande valeur

J’ai toujours aimé les grands liquoreux du Valais. Je pense que notre vignoble a le potentiel pour élaborer des grains nobles de très haute tenue, des vins qui peuvent jouer dans la cour des tout grands. J’ai longtemps milité pour les crus de la Charte Grain Noble ConfidenCiel qui semble en perte de vitesse depuis quelques années. Et cela m’attriste profondément, car l’idée lancée par Stéphane Gay était remarquable. Ayant trois fois eu le privilège de présenter les vins de la Charte au salon mondial des liquoreux de Jerez, je puis vous dire que nos meilleurs crus impressionnaient , et que le concept de la Charte était un atout. Aujourd’hui, j’ai l’impression que les personnes chargées de la promotion de nos crus – que ce soit au niveau cantonal ou national – ne semblent pas comprendre que l’on a, avec les liquoreux, un atout de charme. C’est dire que plus grand monde en parle vraiment. Mais bref!

Cheval noir 94Aujourd’hui, j’ai ouvert avec beaucoup d’émotion et de plaisir l’un des vins pionniers de la Charte GNC: le Cheval Noir 1994 (une année pourrie pour la plupart des vins, mais un millésime béni pour la pourriture noble). Je puis vous dire que ce nectar a ravivé ma nostalgie des grands liquoreux. Une robe magnifique aux reflets ambrés. Un nez expressif d’une grande complexité. Et une bouche à l’avenant, avec tour à tour des notes d’abricot confit, de zeste d’orange, d’épices douces… Bref un festival de saveurs pour un vin d’un équilibre exceptionnel entre la liqueur et la fraîcheur.

Après avoir dégusté, et bu, cette énorme bouteille, j’ai envie de crier: Valaisans, réveillez-vous. Vous savez et pouvez produire des crus de valeur mondiale. Montrez-les, faites-les goûter.

About Paul Vetter

Paul Vetter, journaliste spécialisé dans le domaine vitivinicole pour la chaîne de télévision valaisanne Canal9. Ce blog n'engage cependant pas la chaîne.
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