La suzukii dans le collimateur du canton

Source: www.enetpress.com

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On ne présente plus la désormais fameuse drosophile suzukii. En Valais, elle a causé les premiers dommages aux cultures fruitières – framboises et mûres – en 2011. En 2014, elle a commis son premier crime de lèse-majesté en profitant d’une météo capricieuse pour s’attaquer aux raisins. Elle a remis la compresse cette année en pondant ses larves dans un second symbole de l’agriculture du canton: l’abricot. Et c’est en plus le luizet, la variété emblématique, qui a particulièrement trinqué.

Pas étonnant dès lors que nos autorités cantonales par son Service de l’agriculture aient décidé de mener la vie dure à cette mouchette perverse.  Une variété venue d’Asie très prolifique (dans de bonnes conditions, c’est une génération par mois), qui apprécie une belle palette de fruits pour pondre ses oeufs et nourrir ses larves, et qui ainsi favorise l’installation de différents problèmes: mouche du vinaigre, pourritures, bactéries…

Dès 2014, le Service de l’agriculture s’est attaché à trouver différentes parades pour mener la vie dure à la drosophile suzukii. Et depuis, il a mis les moyens pour cela, en consacrant désormais deux postes supplémentaires à la lutte contre les nouvelles menaces – multiples – pour nos vignes et vergers. Piégeages, contrôles de pontes, tests de différents outils tels que des filets de protection ou des traitements à base de poudre de roche ou même d’insecticides biologiques, modification des pratiques culturales avec pour la vigne un effeuillage conséquent, mesures d’hygiènes: les pistes suivies sont multiples. Les résultats obtenus sont soigneusement analysés pour validation. « C’est désormais une priorité pour nous. Plusieurs nouvelles menaces sont apparues dans le canton ou sont à nos portes. Je pense à la suzukii, à la flavescence dorée, au feu bactérien ou à la Xylella fastidiosa, la maladie de Pierce qui touche les oliviers dans les Pouilles (n.d.l.r: mais qui peut aussi toucher les abricots ou les prunes) », explique Gérald Dayer, patron du Service valaisan de l’agriculture.

abricots suzukii

Abricots victimes de la suzukii

Q ue sera le millésime 2016 pour la drosophile suzukii ? Les dégâts ont été limités sur les petits fruits, fraises et framboises en tête. Les mesures d’hygiène comme l’élimination systématique des fruits trop mûrs, les piégeages de masse, les traitements ont fait leur effet, mais ont généré des frais supplémentaires pour les producteurs. Pour les cerises, seules les variétés tardives, récoltées en juillet ont été considérablement touchées. Quant à l’abricot, après un très bon début de saison, il a à son tour subi les attaques de la suzukii, à partir du 20 juillet. Et c’est, on l’a dit, le tardif luizet qui a le plus souffert, mais de manière très variable entre exploitations et parcelles. On estime les dégâts à 10 à 20% de la récolte pour cet abricot.

Le canton propose désormais des pistes de travail. Aux viticulteurs, désormais menacés, de les suivre. L’information devrait passer puisque le SCA publie régulièrement des communiqués disponibles sur le site de l’Etat, sur smartphone via l’application « info vs », ainsi que par le Nouvelliste. Cela en plus des journées de formation ou d’information pour les producteurs régulièrement organisées.

 

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About Paul Vetter

Paul Vetter, journaliste spécialisé dans le domaine vitivinicole pour la chaîne de télévision valaisanne Canal9. Ce blog n'engage cependant pas la chaîne.
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