Vinea 2016: de tout et de rien

Vinea 1J’ai visité le « Salon des vins suisses » organisé par Vinea, ce vendredi à Sierre. L’occasion de déguster, bien sûr, mais aussi de papoter. Car à Vinea (manifestation que je continue généralement à appeler ainsi que je l’ai connue lorsqu’elle servait de vitrine à la vitiviniculture valaisanne), on rencontre beaucoup de monde et on apprend beaucoup…

Cette année, à Vinea, on a beaucoup parlé du climat qui précède ces vendanges. Notamment de la grêle qui a touché une assez vaste zone entre les hauts de Sierre et Venthône. Un épisode qui a causé des dégâts « importants » pour certains, presque « négligeables pour d’autres ».  Une réflexion au détour d’une de ces conversations: « Je ne pense pas qu’on manquera de raisin à cause de cette grêle. »

Et oui, à Vinea, on a aussi beaucoup parlé de dégrappage (ou pas). Beaucoup semblent avoir hésité à procéder aux habituelles vendanges en vert. Après quatre millésimes maigres ou anorexiques, certains n’ont pas pris le risque de régler sévèrement la récolte. Ceux qui ont subi la grêle s’en félicitent déjà. Et comme la petite suzukii est en embuscade …

Car évidemment, à Vinea, on a régulièrement évoqué la fameuse drosophile suzukii. Le soleil et la chaleur incitaient à l’optimisme, mais nombreux sont ceux qui sont conscients que rien n’est joué à ce stade. Si la bestiole se mettait à pondre, encouragée par quelques pluies comme celle de ce lundi, ils pourraient être amené à trier certaines récoltes. D’où la faible motivation de certains  à couper des grappes qui ne seront peut-être pas surnuméraires.

A Vinea, on a aussi parlé d’agrotourisme, un concept qui semble faire son chemin dans les esprits. Et lorsque les plus hardis manifestent l’envie de se lancer corps et âme dans l’accueil au domaine, d’autres ont rappelé que l’agrotourisme peut aussi exiger une disponibilité ou des moyens en personnel conséquents.

Après l’agrotourisme, à Vinea, on a aussi évoqué le marketing. Et là aussi, on a constaté que la tenue d’une page facebook, d’un site internet, ou que la rédaction de newsletters impliquaient un savoir-faire et une disponibilité pas toujours à portée de main. Là aussi, il faut s’avoir s’entourer et s’en donner les moyens. La preuve avec ce courrier généreusement distribué récemment par une cave valaisanne: 10 fautes d’orthographe pour 155 mots et une image de marque de l’entreprise considérablement égratignée.

Cuvée Mélèze des Caves du Paradis: le mérite de la cohérence

Cuvée Mélèze des Caves du Paradis: le mérite de la cohérence

En parcourant les stands de Vinea, j’ai aussi pu parler d’assemblages. Il faut bien le dire, on trouve en la matière tout et n’importe quoi. J’aime bien demander à l’encaveur quelle logique a présidé à la constitution de l’assemblage. Car voyez-vous, j’ai bien de la peine à comprendre pourquoi on peut marier du fendant et du païen, pour ne prendre que cet exemple. Les réponses, il faut bien l’avouer, ne sont pas toujours convaincantes.  Elle le fut, dans le cas d’originales épousailles de Petite arvine et d’Humagne blanche. Deux cépages autochtones (on dit autoKtone) élevés dans le récipient qu’on utilisait traditionnellement en Valais. La logique est évidente et les deux cépages peuvent s’apporter quelque chose entre fraîcheur, vivacité, puissance et subtilité. Sans compter l’influence du mélèze, qu’on aime… ou pas.

Mais où est passé Vinea ?

Mais où est passé Vinea ?

Vendredi, à Vinea, on a bien sûr évoqué les changements qui ont bousculé la manifestation désormais cantonnée dans le secteur de l’Hôtel-de-Ville. Une impression étonnante quand on arrive dans l’avenue principale aussi calme que le reste de l’année. Des stands proches les uns des autres une fois l’entrée franchie. Et, vendredi en tout cas, une participation assez modeste qui a permis une dégustation très calme et de bons contacts avec les encaveurs. Si l’on en croit les chiffres de l’organisateur, cela n’a pas dû être le cas samedi… Mais bon, les chiffres…

A Vinea, j’ai bien sûr découvert (ou confirmé) quantité de beaux vins. Et je ne parle pas uniquement des « immenses » Syrah et Cornalin de Denis Mercier. Le millésime solaire 2015 a permis notamment d’élever de bien belles Arvines, à la fois puissantes et fraîches. Et j’ai aussi dégusté de belles Humagnes blanches. Les cépages rouges ont aussi apprécié les conditions climatiques. Beaucoup sont déjà très à leur avantage malgré leur jeunesse. A Vinea, on constate donc que la qualité des meilleurs vins valaisans est toujours bien présente.

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About Paul Vetter

Journaliste professionnel, Paul Vetter a longtemps travaillé comme spécialiste vin et viticulture pour des médias valaisans. Ayant décidé de se consacrer à d'autres activités, il continue à suivre attentivement les vins du Valais et la politique vitivinicole menée dans le canton. Il vous rend en compte en toute liberté.
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