Vendanges: des prévisions à nuancer

Les prévisions avant vendanges – tout comme les bilans après vendanges – ont toujours tendance à annoncer le meilleur. Mais il convient de nuancer.

Si j’ai appris quelque chose durant toutes ces années à suivre de près l’actualité vitivinicole, c’est bien que les vignerons et encaveurs de qualité arrivent à chaque millésime à nous proposer des vins de très belle tenue. Pas de doute, 2016 ne sera pas différent en ce domaine. Il sera peut-être bien un tout grand millésime chez une grande partie d’entre eux. Mais pas chez tout le monde…

vigne-charge-160927-03Si la drosophile suzukii n’a pas apprécié le climat automnal (et personne ne s’en plaindra), il faut quand même relever quelques éléments qui me laissent un peu sceptique. Quantité et qualité, dites-vous… Commençons par la quantité! Elle est effectivement au rendez-vous à des degrés différents en fonction des cépages et des terroirs. Mais ce qui m’inquiète le plus, c’est la charge que pas mal de producteurs ont conservé sur les ceps. Comme si certains songeaient à se refaire après quatre années de maigres récoltes, et donc de revenus insuffisants. Avec la menace planante de la drosophile suzukii, on peut comprendre que la vendange en vert devenait un geste très douloureux. Mais la bestiole n’est pas venue et beaucoup (les vignerons amateurs en particulier) ont laissé des charges conséquentes qui ont semble-t-il échappé aux contrôles de vendanges de l’IVV. Où aboutiront ces surplus ? Quelle sera la qualité de ces grosses récoltes ? L’avenir nous le dira…

Et la qualité, alors ? Elle est, et on s’en réjouit, souvent bien présente. Mais dans certaines zones, le mildiou a fait des dégâts considérables sur les grappes. Ce fut notamment le cas dans la région de Montibeux, où le fameux domaine de Cornalin d’une grande cave (presque 10% du vignoble cantonal pour ce cépage) a subi de gros dégâts. (voir article y relatif) Je n’ai rien vu d’équivalent ailleurs, mais bien d’autres parchets ont été touchés, à des degrés divers. Ajoutons-y la grêle, qui a notamment frappé dans la région de Venthône, heureusement sans provoquer de foyers de pourriture. Bref, la qualité sera donc souvent au rendez-vous, mais passer sous silence de tels événements confine à l’optimisme béat.

PS. Bravo à Didier Joris qui fort heureusement ignore ce qu’est la langue de bois et qui a le mérite d’attirer l’attention sur certains problèmes qu’on peut encore rencontrer. 

 

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About Paul Vetter

Paul Vetter, journaliste spécialisé dans le domaine vitivinicole pour la chaîne de télévision valaisanne Canal9. Ce blog n'engage cependant pas la chaîne.
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