Vendanges 2016: chez Jean-Marie Pont

Premier chapitre de ce tour d’horizon des vendanges réalisé avec quelques vignerons-encaveurs de qualité. Pour ouvrir le bal, le Sierrois Jean-Marie Pont qui cultive quelque 4 ha entre Corin (où se trouve son carnotzet de dégustation) et Sierre (où il vinifie).

Premier constat : ce furent d’assez longues vendanges, étalées sur 5 semaines, entre le 28 septembre et le 4 novembre.

Deuxième constat : avec ces vendanges 2016, on est revenu dans la normale en matière de rendements. « Disons que si c’est chaque année comme ça, je suis un homme heureux », commente l’encaveur. « Le rendement global, pour l’ensemble de nos parcelles, se situe autour du kilo au mètre carré. Et cela en remplissant les acquits (1,250 kg/m2) pour le fendant. » Ce qui est beaucoup plus que ces quatre dernières années. Même s’il a noté de petites variations en fonction des cépages et des parcelles, Jean-Marie Pont a pu disposer de rendements assez équilibrés, qui tournent autour de 900 gr/m2 pour les spécialités. « Nous avons pu régler la récolte comme nous le souhaitions. Seule une parcelle d’ermitage, un cépage plutôt productif, a curieusement assez peu produit et n’a pas nécessité de réglage de récolte. » Et même l’épisode de grêle qui a frappé les hauts de Sierre le 27 août n’a pas eu de conséquence notable. Le temps chaud et sec de cette fin d’été a empêché la pourriture de s’installer. « Les grains touchés ont séché. Et les autres baies ont pu compenser en grande partie la perte en prenant davantage de volume», estime Jean-Marie Pont.

Troisième constat : les raisins vendangés étaient sains. Certes, il a fallu lutter contre les maladies fongiques, surtout aux alentours de la période de floraison. « J’ai fait les traitements qu’il fallait, au moment où c’était nécessaire », relève sobrement l’encaveur très satisfait de la qualité sanitaire de sa récolte. Et la fameuse drosophile suzukii ? « On a dû enlever quelques grains touchés, mais c’était anecdotique. Le climat nous a bien aidés. »

Question de maturité, Jean-Marie Pont a su faire preuve de la patience nécessaire. « Quelques cépages ont bloqué en cours de maturation, à cause de la sécheresse, la syrah, par exemple. Nous avons attendu pour récolter à la maturité idéale. » Et les teneurs en sucre sont tout à fait satisfaisantes. Plus de 80° Oechslé pour la plupart des fendants, les pinots noirs à plus de 96°. Belles maturités aussi pour les spécialités, 100° Oechslé de moyenne pour l’arvine, à peine moins (97° Oechslé) pour l’humagne rouge, à peine moins pour le cornalin.

Avec de telles caractéristiques, le millésime 2016 de Jean-Marie Pont s’annonce sous les meilleurs auspices. « Ce sera un millésime assez frais, avec de belles acidités, et un joli fruit », prédit l’encaveur sierrois. Un seul souci actuellement : « Nous avons dû nous battre pour terminer les fermentations qui ont tendance à traîner en finale. C’est une des caractéristiques de ces millésimes où la sécheresse a régné en fin d’été et début d’automne. »

Pour goûter aux vins (millésime 2015, bien sûr) de Jean-Marie Pont, deux dates à retenir…
Samedi 26 novembre de 10h30 à 19h00
Samedi 3 décembre de 10h30 à 19h00
… dans son carnotzet de Corin. 

Pont Jean-Marie pt

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About Paul Vetter

Journaliste professionnel, Paul Vetter a longtemps travaillé comme spécialiste vin et viticulture pour des médias valaisans. Ayant décidé de se consacrer à d'autres activités, il continue à suivre attentivement les vins du Valais et la politique vitivinicole menée dans le canton. Il vous rend en compte en toute liberté.
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