Vendanges 2016: chez Frédéric Dumoulin

Troisième volet de notre série sur les vendanges 2016: au tour de Frédéric Dumoulin (L’Orpailleur à Uvrier) de nous parler de la récolte des 25 hectares qu’il cultive dans le Valais central.

« A la fin des vendanges, je n’ai pas eu le sourire comme ça depuis longtemps. » Et oui, Frédéric Dumoulin (Cave l’Orpailleur) est un homme heureux cette année, puisque ce millésime 2016 le comble. Qualité et quantité sont au rendez-vous, cela après une année plutôt calme pour lui.

vignoble-uvrier-141024-01-p«Dans le Valais central, on n’a pas eu trop de soucis avec les maladies. Je travaille en production intégrée (n.d.l.r : utilisation raisonnée des produits de synthèse) J’utilise le lait maigre, mais plutôt comme complément. Je n’ai ainsi pas eu de problèmes de mildiou. » A tel point que l’encaveur d’Uvrier n’hésite pas à utiliser le mot « facile » pour qualifier le millésime 2016 à la vigne. Cela, même si la drosophile suzukii l’a alerté durant la fin d’été. « J’ai une parcelle de garanoir et j’ai repéré cette mouchette. Les spécialistes de l’Etat ont veillé au grain et m’ont conseillé la pose de filets à maille serrées. Avec le temps peu sec et chaud de septembre, cela a permis de maîtriser l’insecte », explique le producteur. Pour le reste, à part quelques soucis au niveau de la sécheresse qui l’ont obligé à arroser certaines zones en début septembre, tout a été comme sur des roulettes.

Une météo favorable
Dans de telles conditions, Frédéric Dumoulin a pu récolter des grappes très saines, d’autant plus que la météo lui a permis d’attendre le moment idéal pour récolter chaque cépage. Les vendanges ont été un peu plus longues qu’à l’accoutumée : cinq semaines, du 28 septembre au 5 novembre. « On n’a pas vendangé tous les jours. On a sauté l’un ou l’autre samedi », précise l’encaveur qui a commencé par les pinots noirs les plus précoces avant de poursuivre par le sauvignon blanc. Et chez lui, les premiers fendants ont été cueillis dès la deuxième semaine alors que sous d’autres cieux, il a fallu patienter davantage. Les teneurs en sucre étaient au rendez-vous : plus de 80° Oechslé pour les fendants, 95° de moyenne pour les pinots noirs, 97° pour l’arvine et un soupçon de plus pour le païen. Sans compter un très joli 102° pour le merlot… Pas de quoi se plaindre.

Quantités très satisfaisantes
D’autant plus que la quantité est là. Pas en excès, mais comme on peut l’attendre une année normale. Certes, il n’a pas rempli les quotas autorisés avec ses pinots noirs ou son païen. Mais des cépages comme le johannisberg ou le fendant se sont montrés bien plus généreux que ces dernières années. Et les spécialités l’ont comblé : « On doit atteindre 1,1 kg en moyenne. Bien sûr, on a limité davantage certains cuvées spéciales, les grands crus en particulier », précise Frédéric Dumoulin.

Dans ces conditions, l’encaveur d’Uvrier s’attend à des vins comme il les aime. « C’est un millésime de fraîcheur et de fruit. On devait avoir des vins élégants, fruités, dynamiques. » Et un petit tour des cuves réalisé en sa compagnie montre que ses crus sont déjà sur le bon chemin pour confirmer ces prévisions. Réjouissons-nous !

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About Paul Vetter

Paul Vetter, journaliste spécialisé dans le domaine vitivinicole pour la chaîne de télévision valaisanne Canal9. Ce blog n'engage cependant pas la chaîne.
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