Vendanges 2016: chez Gilliard

Quatrième volet du notre bilan vendanges. Un négoce plus important cette fois, avec la maison sédunoise Robert Gilliard SA, une cave alliant tradition et modernisme.

La cave Robert Gilliard SA à Sion, c’est l’encavage du produit de quelque 120 ha de vignes, dont la moitié sont travaillées par des fournisseurs de vendanges. Une bonne part, notamment les domaines de la maison, se situe dans la région sédunoise. Mais la production est étalée dans un assez vaste périmètre situé pour l’essentiel entre Saillon et Sierre.

Gilliard Clavau 151002-01-PLorsqu’on évoque les vendanges 2016 avec le directeur Stéphane Maccaud et la cheffe de culture, Chloé Fontannaz, c’est le sourire qui prédomine. « Au niveau quantitatif, après plusieurs années de faibles récoltes, on est enfin proches de nos budgets », se réjouit le directeur. « Mais il nous manque toujours du raisin. Nous sommes toujours en quête de fournisseurs de vendanges ». Cette récolte où les rendements ont été intéressants, proches des quotas, est la bienvenue à un moment où les stocks sont à zéro. Et Stéphane Maccaud regrette d’autant plus la décision de l’IVV de déclasser une part du fendant en chasselas de Romandie. Mais c’est un autre débat.

De bons rendements ne seraient rien si la qualité n’était pas au rendez-vous. Heureusement, c’est le cas, grâce à la vigilance de Chloé Fontannaz et son équipe. Chez Gilliard, on ne revendique pas l’étiquette bio, mais de sérieux efforts sont faits pour limiter les apports de produits de synthèse. « Au début de la saison, on utilise ces produits. Cette année, on a fait ce qu’il fallait, notamment aux alentours de la floraison. C’était compliqué, cela s’est joué à un ou deux jours. Nous avons été très réactifs, nous avons mis beaucoup de moyens et nous avons réussi à juguler les attaques de mildiou», explique Chloé Fontannaz. Dès la fin juin, l’équipe viticole a pu opter pour des produits naturels lors des derniers traitements. A noter que les domaines de Châtroz et de la Cochetta sont traitées entièrement en produits bio depuis 4 ans. «Ce sont des zones très ventilées qui s’y prêtent bien », confirme Chloé Fontannaz.

Les raisins récoltés étaient donc sains et n’ont pas nécessité un gros effort de tri. D’autant plus que la tristement fameuse drosophile suzukii n’a pas pu prospérer en cette fin d’été marquée par un temps durablement sec et ensoleillé.

Et les vins ? C’est Chloé Fontannaz qui se lance, avec un peu de retenue, puisqu’ils sont encore en élevage… « Ils seront moins riches que les 2015. Moins d’alcool, mais plus de fraîcheur et un beau fruité. Je pense qu’il y aura de belles typicités. »

Pour les fournisseurs de vendanges, la récompense est déjà tombée. Contrairement à la majorité des acheteurs, Gilliard paie sa matière première en un seul versement, et les montants versés sont souvent supérieurs aux recommandations de la SEVV, Société des encaveurs de vins du Valais (et donc de l’IVV). Avec du même coup la garantie que les règles du jeu ne sont pas modifiées en cours de route. Autrement dit, aucun risque que le montant payé soit revu à la baisse à l’approche d’un hypothétique dernier versement. Tout le monde ne peut pas en dire autant.

About Paul Vetter

Paul Vetter, journaliste spécialisé dans le domaine vitivinicole pour la chaîne de télévision valaisanne Canal9. Ce blog n'engage cependant pas la chaîne.
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