Vendanges 2016 (3) : quelques chiffres clés

Quelques chiffres clés…

La quantité, d’abord.  52,2 millions de kilos (soit 41,77 millions de litres, si l’on applique la règle du taux de pressurage de 0,8 dl* au kilo). Et on va continuer à s’exprimer en litres puisqu’on a toujours eu l’habitude de faire ainsi. Avec ces 41,77 mio/lt, on se situe au-dessus de la moyenne des dix dernières années, moyenne qui s’établit à 38,82 mio/lt. Mais si cette moyenne est si basse, c’est que la dernière décennie fut marquée par une succession de petites années. Si je prends les années 2001 à 2010, la moyenne se situait alors à 41,18 mio/lt.  On voit donc que la récolte 2016 constitue vraiment une production moyenne et rien de plus. Sur les dix dernières années, 2009 (45,28 mio/lt) et 2011 (43,28 mio/lt) ont clairement été quantitativement supérieures et 2008 (41,25 mio/lt) était plus ou moins équivalente. Les six autres années ont été moins généreuses.

 

Deuxième série de chiffres intéressants: celui des teneurs en sucres (mesurées en degrés Oechslé ou en brix).

Si l’on s’en tient aux quatre principaux cépages, on constate que les fameux sondages (qui déterminent souvent le prix payé au producteur) n’ont pas toujours été à la hauteur. Pour le chasselas (fendant), c’est même la moins bonne moyenne des dix dernières années avec un petit 76,8° Oechslé (18,6 brix). A l’autre bout du classement, l’an dernier (millésime 2015), on se situait à 83,9 Oechslé (20,2 brix).
On retrouve plus ou moins cette difficulté de « faire des sucres » liée au millésime 2016 pour les trois autres « grands cépages » que sont le rhin (johannisberg), le pinot noir et le gamay. Dernière place de la décennie pour le rhin (91,6° Oechlsé ou 21,9 brix), avant-dernière place pour le pinot noir (93,4°Oechlé – 22,3 brix) et antépénultième rang pour le gamay (91,7° Oechslé – 21,7 brix). C’est dire que les vins auront des teneurs en alcool plus faibles que d’ordinaire, et pour voir le côté positif, plus de fraîcheur que dans les derniers millésimes.

Citons, pour terminer, un chiffre que l’on ne connaît pas encore. Celui de l’évolution de notre vignoble. Les données 2016 seront disponibles dans quelques semaines. Si l’on tient compte des vendanges 2015, le vignoble valaisan couvrait encore quelques 4875 hectares. Sachant que bon an, mal an, ce sont régulièrement quelque 25 ha qui disparaissent, on peut parier que lors de ces dernières vendanges, on devait se situer autour de 4850 ha. C’est beaucoup moins que les 5200 ha, chiffre régulièrement cité et jamais mis à jour chez certains spécialistes…

*Ce taux de pressurage est généreux. Les spécialistes estiment qu’un taux de 0,75 (voir un peu moins) est plus crédible. Si on l’applique, on obtient seulement 39,15 millions de litres. Mais comme c’est la règle depuis de nombreuses années, on va continuer à faire comme si… pour pouvoir comparer les chiffres).

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About Paul Vetter

Journaliste professionnel, Paul Vetter a longtemps travaillé comme spécialiste vin et viticulture pour des médias valaisans. Ayant décidé de se consacrer à d'autres activités, il continue à suivre attentivement les vins du Valais et la politique vitivinicole menée dans le canton. Il vous rend en compte en toute liberté.
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