Des dégustations notées médiocres

Dégustation de 12 assemblages suisses dans le dernier « Bon à savoir ». Douze bouteilles achetées en supermarché, à moins de 20 francs.

Au bilan, 12 vins notés entre 13.0 et 14.7 sur 20, avec pour meilleure note un mariage de chardonnay et de chasselas de la Cave de Genève qui coûte 10,50 fr. Autre constat: les deux vins les plus chers – la Blanche Cuvée de Jean-René Germanier et le Hurlevent réserve blanc des Fils de Charles Favre – payés 19,95 fr. figurent en 2e et 4e position, mais avec des notes plutôt médiocres (respectivement 14.2 et 14 points). Et une même remarque négative appuyée concernant un boisé marqué. Trois autres crus valaisans figurent dans le lot: Apologia bianco (13,50 fr – 13,8 pts), Favi blanc (17,90 fr – 13,4 pts) et Blanc Mémoire de Urbain Germanier (14,95 fr. – 13,3 pts).

Sur Facebook, l’oenologue Xavier Bagnoud a montré son vif désaccord… « Les 12 vins sont notés entre 13 et 14,7 sur 20 avec à chaque fois des commentaires désagréables. Je suggère au jury de boire moins de jus de fruits dans leur vie privée ou alors de pisser un peu moins froid! Bref je me mets à la place du profane qui lit ce compte rendu et je me désole…il n’aura rien appris ni rien retenu! »

Sur le fond, je suis d’accord avec lui, en particulier sur la conclusion. Je ne mets pas en doute les notes, mais je me demande comment ont été sélectionnés les vins. « Il n’y avait pas de cru déplaisant, mais pas de nectar fascinant », peut-on lire dans l’article. Et quand on lit sous le vin le mieux noté: « Légèrement asséchant; vin à boire rapidement », on se dit que le reste ne mérite même pas qu’on y trempe les lèvres.

Faut-il en déduire que les crus de supermarché ne sont que des bibines médiocres ? Ce serait aller un peu vite en besogne. Un tel test aurait mérité une présélection qui aurait permis de faire émerger une ou l’autre bouteille de qualité. Avec du même coup un classement clair et parlant.

Une dernière chose: déguster en parallèle un assemblage de chardonnay et chasselas élevé en cuve et un mariage de chardonnay-petite arvine-pinot gris-amigne élevé en barrique, pour ne prendre que ces deux exemples, ne relève pas d’une logique comparative évidente. La méthode est à revoir du côté de Bon à savoir. A condition que l’objectif consiste à faciliter les choix du consommateur.

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About Paul Vetter

Paul Vetter, journaliste spécialisé dans le domaine vitivinicole pour la chaîne de télévision valaisanne Canal9. Ce blog n'engage cependant pas la chaîne.
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