Abécédaire: A comme Arvine

J’avais tenté de réaliser cet abécédaire des cépages valaisans voici 3 ans. Et je n’avais pas réussi à aller au bout, dans une période aussi chargée que difficile. C’est décidé, je reprends le projet.  D’abord en mettant à jour les pages déjà réalisées, puis en poursuivant  jusqu’à V (puisque nous n’avons pas de Zinfandel). Allez, courage !

Oui, A comme Arvine, puisqu’on part du principe que Petite Arvine est l’appellation valaisanne du vin issu du cépage Arvine. Voilà qui est écrit!

La production valaisanne
1,995 millions de kilos d’Arvine ont été récoltés aux vendanges 2016. Ce qui a permis d’encaver 1,596 millions de litres (rendement de 0,8 dl/kg) de Petite Arvine. Du raisin récolté à 95,1° Oechslé de moyenne. C’est là en quelques chiffres la production valaisanne 2016 de Petite Arvine qui correspond donc à quelque 2 millions de bouteilles de 75 cl. C’est plus que ces dernières année (1,824 millions de litres un an plus tôt) et même considérablement plus qu’en 2013 et 2014, années de très faible production (48% de progression par rapport à 2013).
En termes de surface, l’arvine continue sa progression avec désormais dans le canton 196,4 ha, contre 185,6 ha un an plus tôt. C’est sur la Commune de Sion qu’on encave la plus grande quantité d’Arvine (271’000 litres), devant Fully (238’000 litres), Chamoson (151’000 litres) et Sierre (145’000 litres).

ArvineOrigine et répartition
Les recherches sur l’ADN des cépages menées par José Vouillamoz n’ont pas permis de découvrir les parents de l’Arvine. Par contre, on lui a trouvé de vagues cousinages qui « laissent supposer que l’Arvine aurait de lointains ancêtres en Valais, au Val d’Aoste, en Savoie et au Nord-Est de la France ». Le chercheur a aussi établi que l’Arvine était vraisemblablement  la grand-mère de la Grosse Arvine, un cépage qu’on trouvait autrefois dans la région de Martigny, aujourd’hui quasiment disparu.
En Valais, la première mention de l’Arvine date de 1602. Elle poussait alors dans le vignoble de Molignon, près de Sion. Toutes les mentions les plus anciennes concernent des vignes du Valais central, autour de Sion.
L’Arvine n’est cultivée qu’en Valais et à plus petite échelle, dans le Val d’Aoste. Mais on sait que des producteurs d’autres vignobles suisses et d’autres régions d’Europe (Italie, Vallée du Rhône) tentent quelques essais, mais cela reste à très petite échelle.

Le vin… ou plutôt, les vins
Oui, les vins, car la Petite Arvine réussit aussi bien en vin sec qu’en surmaturé où sa fraîcheur contribue à l’équilibre avec la sucrosité.
Quelles sont les caractéristiques d’une Petite Arvine typée. Son équilibre grâce à une belle acidité, d’abord. Sa richesse aromatique ensuite. On y trouve généralement des arômes d’agrumes (pamplemousse, citron, limette), des notes florales de glycine, de la rhubarbe cuite et parfois des fruits plus exotiques. Ces caractéristiques ne sont pas toujours présentes ensemble, mais ce sont là les marqueurs de l’Arvine. Ajoutons-y la note saline et le tableau sera plus ou moins complet.

Le cépage – la vigne
On repère assez facilement un vigne d’arvine. Son bourgeonnement est jaunâtre et sa robe d’un vert tendre qui perdure jusqu’à l’arrière-automne.
Ce cépage fait preuve de beaucoup de sensibilité. Il supporte mal les résidus d’herbicides. Les rameaux sont plutôt grêles et débourrent tôt. Ils craignent alors le vent qui peut produire de grosses casses. Il faut donc les palisser rapidement. L’arvine n’aime pas avoir soif. Si elles manquent d’eau, les baies s’enferrent. Les ceps, malgré les années qui passent, restent plutôt frêles. Ajoutez-y une sensibilité au mildiou et à la pourriture en fin de maturation et le tableau sera assez complet.
A l’heure de la récolte, le vigneron doit soigneusement choisir la date de vendange. Il attendra pour couper les grappes que les premières baies « caillent », qu’elles prennent la teinte brunâtre caractéristique du botrytis. Fréquemment, les vignerons vendangent leurs arvines en plusieurs passages, ne choisissant que les grappes caillées à chaque fois. Et là, les arômes se révèlent au mieux…

Les Petites Arvines que j’aime
Impossible bien sûr de donner une liste exhaustive d’encaveurs spécialistes de l’arvine. A défaut, voici quelques valeurs sûres…

Petite Arvine du Domaine du Grand-Brûlé

Marie-Thérèse Chappaz à Fully
Philippe et Véronyc Mettaz à Fully
Gérald Besse à Martigny-Combe
Yvon et Claudine Roduit à Fully
Alexandre Delétraz à Fully
Gérard Dorsaz à Fully
Benoît Dorsaz à Fully
Philippe Darioli à Martigny
Mike et John Favre à St-Pierre-de-Clages
Domaine du Grand-Brûlé à Leytron
Gilbert Devayes à Leytron
Philippoz Frères à Leytron
Maurice Zufferey à Sierre
Provins Valais à Sion
Robert Taramarcaz à Sierre
Christophe Rey à Corin

Ce sont là des caves dont j’ai goûté régulièrement la Petite Arvine (ou les …). Bien d’autres bouteilles m’ont encore séduit. Vous les trouverez en passant par la rubrique recherche de ce blog. Plusieurs d’entre elles ont notamment été présentées dans la rubrique « vin de la semaine ». La plus récente, le millésime 2015 de Gérard et Jhonatan Raymond à Saillon.

A noter encore qu’en vin surmaturé, Marie-Thérèse Chappaz, Benoît Dorsaz, Gérald Besse, Gérard Dorsaz et Philippe Darioli produisent régulièrement de très grands Grains Nobles de Petite Arvine.

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About Paul Vetter

Journaliste professionnel, Paul Vetter a longtemps travaillé comme spécialiste vin et viticulture pour des médias valaisans. Ayant décidé de se consacrer à d'autres activités, il continue à suivre attentivement les vins du Valais et la politique vitivinicole menée dans le canton. Il vous rend en compte en toute liberté.
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