Abécédaire: A comme Ancellotta

Origines: Cépage italien, présent essentiellement dans l’Italie du Nord (Lombardie, Emilie-Romagne).

Surfaces: Vu ses origines, c’est bien sûr en Italie qu’il est le plus présent. En 2000, on en comptait plus de 4700 ha dans la péninsule (Galet). En Suisse, on en trouve depuis 1978, date de son introduction par la station de Changins.  On le rencontre essentiellement en Valais, car ce cépage nécessite un bel ensoleillement pour arriver à maturité. Il y  progresse régulièrement mais doucement… 3,2 ha en 2000, 10 ha en 2004, 19,3 ha en 2010 et 24.9 ha aux vendanges 2013. Mais depuis, il a quelque peu reculé pour tomber à 21,3 ha en 2016.

Production: En Valais, on a encavé quelque 170’000 litres d’Ancellotta aux dernières vendanges (12e rouge en terme de volume). Les moûts avouaient un respectable 96,2° Oechslé. Sion est la commune où l’on a produit le plus d’Ancellotta en 2016 (30’500 litres) devant Fully (18’900 lt), Chamoson (17’356 lt), Conthey (16’676 lt), Ardon (12’470 lt). Derrière, on trouve Sierre, Varen, Salquenen, Vétroz et Saxon, toutes entre 10’000 et 5000 litres.

La vigne: L’Ancellotta est un cépage vigoureux, avec un potentiel de production élevé qui arrive tardivement à maturité. Il peut se montrer sensible à la coulure ou au millerandage lorsque les conditions climatiques sont difficiles en période de floraison. Autres points faibles une sensibilité aux acariens et au dessèchement de la rafle. L’Ancellotta possède de longues grappes lâches avec de petites baies sphériques. La feuille possède 5 à 7 lobes très découpés.

Le vin: Si le moût est neutre et incolore, avec une teneur en sucre et en acidité élevée, après cuvaison, le vin prend une teinte très sombre. Le bouquet est plutôt neutre. Des caractéristiques qui font qu’on l’utilise presque exclusivement pour les assemblages ou pour des adjonctions sur d’autres rouges.
L’Ancellotta donne un vin extrêmement  coloré avec de puissants tannins. Des tannins intéressants uniquement lorsque le raisin est arrivé à belle maturité. S’il est rarement vinifié pour lui-même, on en trouve tout de même deux bouteilles en Valais (à ma connaissance).
La seule que j’ai goûtée provenait de la Cave des Bains à Leytron. Elaboré avec un raisin provenant d’une vigne située au sommet du vignoble d’Ardon.  Exposition plein sud, mais altitude élevée (800 m). Un vin de caractère, avec des notes de baies sauvages et une touche végétale. Tannins solides mais arrondis. L’autre bouteille que j’ai repérée provient de la Cave Varonier & Söhne à Varen. Un Ancellotta élevé en barrique que je n’ai jamais dégusté.
J’ai aussi dégusté un pur Ancellotta (destiné à être assemblé), dans une cave de Salquenen. Beaucoup de couleur, de la puissance, des fruits noirs sauvages, et une note végétale assez marquée.

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About Paul Vetter

Journaliste professionnel, Paul Vetter a longtemps travaillé comme spécialiste vin et viticulture pour des médias valaisans. Ayant décidé de se consacrer à d'autres activités, il continue à suivre attentivement les vins du Valais et la politique vitivinicole menée dans le canton. Il vous rend en compte en toute liberté.
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