Millésime 2016: des promesses

Fin de semaine passée, j’ai eu l’opportunité de déguster quelques cuves du millésime 2016. Un millésime qui requiert un peu de prudence et beaucoup de nuances qui m’ont fait hésiter au moment de titre. Prometteur, mais sûrement pas partout.

On le sait, 2016 n’a pas été simple. Après des années de vaches maigres (quantitativement parlant), nombreux sont ceux qui ont hésité à régler leur récolte en fonction de critères purement qualitatifs. Jamais depuis de nombreuses années, je n’avais vu tant de vignes en surcharge. Pour se refaire une santé financière, ils sont nombreux ceux qui ont visé avant tout la production maximale autorisée. Avec de surcroît la menace désormais installée de la fameuse drosophile suzukii, pas question de prendre des risques en pratiquant des vendanges vertes. Et cela, on peut le comprendre, car ils sont nombreux ceux qui ne gagnent plus leur vie convenablement en vendant leur vendange. Et cela est aussi valable pour  passablement d’encaveurs dont les réserves ont été bien entamées durant les quatre petits millésimes qui se sont succédé.

C’est dire que l’on peut s’attendre à des différences qualitatives très importantes entre ceux qui ont accepté (et pu accepter) de ne pas écouter leur comptable en laissant sur leurs ceps plus que souhaité par l’oenologue (parfois, c’est la même personne), et les autres. Bref, il y aura cette année de très grands vins chez ceux qui ont misé résolument sur la qualité, avec bien sûr le secret espoir que la clientèle leur en sera gré. Chez les autres, on trouvera, j’en suis persuadé, des différences très marquées entre les cuvées de prestige et les vins de moyenne et bas de gamme.

Alexandre Delétraz: « Millésime d’anthologie »

Les deux premiers vins que j’ai dégustés à la cuve sont deux Arvines d’Alexandre Delétraz (Cave des Amandiers) à Saillon. Avant cela, l’encaveur, militant de Fully Grand Cru, avait tenu des propos élogieux sur l’ensemble de son millésime, pour lui, clairement un de ceux qui resteront gravés au fronton de sa cave. Un millésime qui allie fruité, fraîcheur et belle tenue. Sans compter les couleurs magnifiques des rouges.  Les deux Petites arvines (cuve et barrique) en font la démonstration. Des arômes magnifiques, complexes et expressifs, des vins superbement tendus avec des acidités de rêve. Et tout ça avec un beau volume en bouche. Des crus encore en élevage, bien sûr, qu’on se réjouit de regoûter une fois terminés. Comme le reste de la production maison, bien sûr.

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About Paul Vetter

Journaliste professionnel, Paul Vetter a longtemps travaillé comme spécialiste vin et viticulture pour des médias valaisans. Ayant décidé de se consacrer à d'autres activités, il continue à suivre attentivement les vins du Valais et la politique vitivinicole menée dans le canton. Il vous rend en compte en toute liberté.
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