Revue de presse: tricheries en vue ?

Les vignerons valaisans craignent des tricheries. Pourquoi cela ? Si on en croit certains d’entre eux, la suppression de la globalisation des acquits les inciterait à mélanger les raisins dans les caissettes avant de les apporter chez leur acheteur de vendanges.  Enfin, je vous laisse d’abord lire l’article du NF…

Franchement, la lecture de ce compte rendu m’a laissé très perplexe… Il faut savoir que l’Association faîtière, l’Interprofession des vins du Valais (IVV), a approuvé cette nouvelle manière de faire. C’est elle aussi qui réclame, depuis ce que l’on a coutume d’appeler « l’affaire Giroud » (sic), une tolérance zéro en matière de fraude. Or, voici qu’on agite la menace de tricherie pour éviter une mesure qui contribue à apporter un surcroît de crédibilité à nos vins AOC.

Et oui, pour celles et ceux qui l’ignoreraient, jusqu’à présent, on pouvait globaliser… C’est-à-dire, compenser avec un cépage ce qui manquait pour l’autre. Un exemple ? Vous produisiez 800 gr/m2 de Cornalin (au lieu du quota de 1,2 kg autorisé), vous pouviez produire 1,6 kg/m2 d’Humagne rouge… Votre parcelle de 1000 m2 d’Ermitage avait entièrement gelé, vous pouviez produire le double 2,4 kg/m2 sur une parcelle équivalente de Petite arvine… Ce ne sont bien sûr là que des exemples extrêmes, mais tel était bien le principe… peu crédible de notre AOC.

Le nouveau principe – un cépage, un acquit – ne permet plus ce transvasage… et c’est tant mieux. Si certains sont désormais tentés de tricher, C’est qu’ils ont une âme de tricheur et ils fraudaient probablement déjà d’une manière ou d’une autre avec l’ancien système. Plusieurs caves – et non des moindres – ont déjà été punies pour des délits plus ou moins sérieux. Les tricheurs ont toujours existé et existeront toujours. L’argument de certains vignerons ne tient donc pas la route et ne peut susciter qu’une seule réponse: des contrôles accrus de la part des acheteurs de vendanges qui seraient les premiers touchés, et de l’Etat qui doit veiller à l’application des règlements.

 

 

 

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About Paul Vetter

Journaliste professionnel, Paul Vetter a longtemps travaillé comme spécialiste vin et viticulture pour des médias valaisans. Ayant décidé de se consacrer à d'autres activités, il continue à suivre attentivement les vins du Valais et la politique vitivinicole menée dans le canton. Il vous rend en compte en toute liberté.
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