Gel: 40% du vignoble sévèrement touchés

Quelque 2000 ha sur les 4842 ha du vignoble valaisan ont été sévèrement touchés par les trois nuits de gel de la semaine passée. C’est le triste constat fait ce matin en conférence de presse par le patron de l’Office cantonal de la viticulture, Pierre-André Roduit.  La moitié de ces 2000 ha sont entièrement gelés, le reste est atteint au moins à 50%. Voilà pour les chiffres dans leur brutalité.

« De mémoire d’homme, une telle catastrophe n’était jamais arrivée en Valais », souligne Pierre-André Roduit. On est bien au-delà des dégâts de 2012, dernier gel marquant. Bien au-delà aussi du tristement célèbre 1974, qui faisait office de référence dans les mémoires des vignerons en activité. Et ce printemps 2017 semble même effacer 1912 dont on avait gardé la trace.

Si le premier jour de gel – la nuit du 18 au 19 avril – avait touché 550 ha, au bas du coteau et en plaine dans la zone de Sion à Martigny, la nuit suivante a été bien pire. « Les températures ont atteint moins 12 à Viège et moins 7 dans la région de Leytron-Chamoson », relève le responsable cantonal.  Avec de telles températures, la plupart des régions, ont été touchées, même sur le coteau.

Pour les vignerons, la situation est grave. Peu ou pas de salaire et du travail supplémentaire en perspective. Il va falloir sauver ce qui peut l’être, et les spécialistes de l’Etat seront à dispositions pour des conseils viticoles. Certaines vignes devront sûrement être arrachées. Pour certaines entreprises, cela pourrait bien être le coup de massue de trop, après quatre des cinq derniers millésimes marqués par de petites récoltes. « Nous en sommes conscients. Du côté de l’Etat, nous allons voir ce qu’il est légalement possible de faire pour aider les viticulteurs en difficulté », explique Gérald Dayer, responsable cantonal de l’agriculture. Mais à part des prêts sans intérêts, peu de solutions existent. L’Etat met donc en place un groupe de coordination pour chercher des solutions à moyen et long terme pour ce genre de dégâts dus au climat. On parle notamment d’une assurance au niveau suisse, mais si cela voit le jour, ce n’est pas pour demain…

 

Mesures de protection

Certains ont arrosé leurs vignes pour protéger les pousses. Mais la méthodes n’est pas aussi efficace qu’en arboriculture.

Les abricotiers ont aussi payé un lourd tribu au gel. Mais les mesures de protection – en particulier la lutte par aspersion – ont pu sauver l’essentiel de la récolte des vergers de plaine. Seuls les arbres du coteau, soit tout de même deux tiers des surfaces ont été ravagés. Pourquoi donc cette différence ?  « Il est beaucoup plus difficile d’arroser sur le coteau qu’en plaine où nous sommes situés sur la nappe phréatique. Sur le coteau, on manque d’eau, et en plus, les risques d’érosion seraient conséquents », explique Jacques Rossier, chef de l’Office cantonal d’arboriculture. Mais alors, pourquoi ne pas protéger ainsi au moins les vignobles de plaine  ? « L’eau répandue par les jets permet de gagner 2 degrés environ. C’est donc efficace lorsque le froid n’est pas trop intense. En arboriculture, les fruits sont situés assez loin du sol où la température est plus élevée. Ce n’est pas le cas pour la vigne. Avec des températures comme celles que nous avons vécues, l’aspersion est bien moins efficace. »

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About Paul Vetter

Journaliste professionnel, Paul Vetter a longtemps travaillé comme spécialiste vin et viticulture pour des médias valaisans. Ayant décidé de se consacrer à d'autres activités, il continue à suivre attentivement les vins du Valais et la politique vitivinicole menée dans le canton. Il vous rend en compte en toute liberté.
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