Des actions où le Valais se distingue

Une grande enseigne propose une importante série d’actions sur les vins suisses. En soi, la nouvelle est bonne. Cela démontre qu’il y a de l’intérêt pour nos vins et cette action  permet d’écouler un joli volume sur une dizaine de jours.

J‘ai pris la peine de me pencher un peu plus que de raison sur le fascicule de 24 pages encarté dans le journal de l’enseigne. On peut y faire quelques constats intéressants. On constate d’abord, en termes de prix, que le Valais figure parmi les vins les moins chers. Seul un chasselas de Bonvillars est proposé à un prix inférieur (Fr. 6,35) à un Fendant de Provins (Fr. 6,95) et un Fendant du Domaine des Virets (Fr. 7.95). Ajoutons-y une Dôle et une Dôle blanche de Provins également. toutes deux  à Fr. 6,95. On peut donc dire que globalement, le Valais propose dans ce catalogue quatre des cinq vins les moins chers.

Et les spécialités ?  Dans l’ensemble, les prix restent corrects. Mais on y trouve tout de même pour Fr. 12,50 une bouteille de Cornalin 2015 de la gamme Bibacchus (une marque réservée à l’enseigne et réalisé par les maisons Bonvin et Varone).  Quand on connaît les difficultés pour cultiver et vinifier un Cornalin de qualité, on se dit que celui-là … D’autant plus que les stocks ne doivent pas pouvoir justifier un tel prix, après plusieurs millésimes très maigres en quantité.

On peut aussi se féliciter de voir que quelques caves tiennent la route au niveau des prix. Je pense à la maison Gilliard dont la fameuse Dôle des Monts est ici proposée à Fr. 13,20. Un prix respectable pour une action qui place cette Dôle au-dessus des prix des assemblages vaudois, des pinots noirs valaisans ou des merlots tessinois qui figurent au catalogue.

Un mot encore pour relever l’intérêt du label Pro Montagna de l’enseigne. Une marque distinctive qui permet à la coopérative de Visperterminen (St. Jodern Kellerei) de proposer une Dôle à Fr. 14,95, ainsi qu’un pinot noir et un johannisberg à Fr. 16,95.

Proposer des vins à bas prix: une aubaine pour le consommateur. Mais ce n’en est pas toujours une pour le producteur. Brader un Cornalin (même avec 15% d’un autre cépage de moindre prix), c’est un mauvais signe pour le consommateur. D’autant plus si le vin porte atteinte à la réputation d’un cépage qui représente le Valais  dans la gastronomie et que les stocks sont au plus bas.

Pour terminer, je m’étonne aussi de voir un chasselas de la Côte vaudoise portant un nom de Domaine, une mention Grand Cru, et arborant de surcroît une médaille d’or, vendu à moins de 10 francs, on se dit que le Valais n’a pas le monopole de la dévalorisation. A moins que tous ces signes distinctifs ne valent rien ou pas grand chose. Une hypothèse pas si farfelue.

 

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About Paul Vetter

Journaliste professionnel, Paul Vetter a longtemps travaillé comme spécialiste vin et viticulture pour des médias valaisans. Ayant décidé de se consacrer à d'autres activités, il continue à suivre attentivement les vins du Valais et la politique vitivinicole menée dans le canton. Il vous rend en compte en toute liberté.
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