Bourgogne: le millésime est bien parti

C’est assez curieux: l’Interprofession des vins du Valais, en particulier son éminent directeur, me boycottent et ne manquent pas une occasion de me dénigrer. Par contre, je reçois toutes les invitations des vins espagnols ou français. On va donc travailler avec ceux qui ont une attitude positive. Et l’on ignorera les rigolos que leurs antipathies personnelles empêchent de faire ce pour quoi ils sont grassement payés. Dommage pour la vitiviniculture valaisanne dans son ensemble. Mais celles et ceux – et ils sont heureusement nombreux – qui veulent bien m’accueillir et me fournir les infos dont j’ai besoin seront toujours les bienvenus dans ces pages… 

Revenons donc à nos raisins: en Bourgogne, il semble que la situation s’annonce très favorable. Mais l’on sait qu’on en est qu’aux prémices de la récolte.

En Bourgogne, les années ne se ressemblent pas. Après une floraison aussi rapide que précoce (elle s’est achevée avant la mi-juin, même dans les zones les plus tardives), les inquiétudes liées à la période de gel du printemps se sont envolées. La promesse d’une belle récolte est plus que jamais d’actualité. Même Chablis, bien que touché par le gel fin avril, est loin de la situation de 2016.
Du nord au sud de la Bourgogne, la floraison est terminée. Il n’aura fallu que quelques jours pour passer des premières fleurs aux premières baies ! Les conditions climatiques favorables, alternant soleil et chaleur avec quelques pluies, permettent au cycle végétatif de se dérouler sans encombre, sur un rythme soutenu. Dans l’ensemble, le stade mi-floraison a été atteint dès la toute première semaine de juin. La Côte de Beaune a démarré (31 mai en Chardonnay et 1er juin en Pinot Noir), suivie de près par toutes les autres régions. Plus les vignes sont situées vers le nord, plus la floraison est précoce, par rapport à la moyenne 1994-2016. Dans le Mâconnais, le stade mi-floraison a 3 à 5 jours d’avance, alors que dans le Grand Auxerrois et Chablis, l’avance est de 8 jours.
Ainsi, le millésime 2017 affirme petit à petit sa précocité. Il se situe dans le trio de tête des années les plus précoces en Côte de Beaune et Côte de Nuits (voisin de 2009). Les baies atteignent d’ores et déjà la taille de 3 à 5 mm. Le stade fermeture de la grappe pourrait intervenir d’ici début juillet, si le temps reste favorable. Avec des conditions météorologiques et sanitaires optimales, la Bourgogne se dirige donc globalement vers une belle récolte. A Chablis, la situation est un peu plus hétérogène. Si l’ensemble est prometteur, il y aura néanmoins quelques manques, principalement en Petit Chablis et sur certaines parcelles de Chablis. Malgré l’optimisme, la prudence reste de mise jusqu’à la fin des vendanges. Celles-ci devraient démarrer tout début septembre.

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About Paul Vetter

Journaliste professionnel, Paul Vetter a longtemps travaillé comme spécialiste vin et viticulture pour des médias valaisans. Ayant décidé de se consacrer à d'autres activités, il continue à suivre attentivement les vins du Valais et la politique vitivinicole menée dans le canton. Il vous rend en compte en toute liberté.
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