Beau millésime chez Maurice Zufferey

J’ai passé l’autre jour chez Maurice Zufferey à Muraz/Sierre. Une visite impromptue qui a finalement débouché (mot choisi) sur un assez vaste (mais pas exhaustif) tour d’horizon du millésime 2016. Une dégustation sans chichi, sans prise de notes. Un excellent moment tout de plaisir et d’amitié, comme c’est toujours le cas avec cet encaveur aussi modeste que talentueux.

                            Maurice Zufferey 

Je ne vais donc pas vous faire la totale, vous assaisonner de termes aromatiques ou pire encore, distribuer des notes, cette illusion mathématiques permettant de faire une véritable science d’un exercice essentiellement subjectif.  Je vais par contre citer quelques vins qui m’ont marqué. Parmi les blancs, le Zirouc, assemblage de sauvignon blanc, heida et chardonnay. Un joli vin bien équilibré essentiellement marqué par une belle fraîcheur d’agrumes. J’ai aussi beaucoup apprécié la Petite arvine, dynamique et bien charpentée et bien typée.  Et j’ai aussi eu beaucoup de plaisir avec le Johannisberg « Buiron », un gaillard bien charpenté marqué par des notes d’abricot et d’amande douce.

Côté rouges, j’ai comme toujours apprécié les Pinots noirs, tout en élégance et en fruit. C’est le cas pour « La Combettaz », la déclinaison cuve de ce noble cépage. Ajoutez-y quelques épices et un bois très discret pour la version barrique (« Tzanio »). L’Humagne rouge ensuite, un vin très sauvageon, avec ses notes d’écorce de chêne et ses fruits des bois. Un fruité fort agréable et un vin sans la verdeur qui marque encore trop souvent ce cépage.  Le Cornalin est comme toujours un très beau vin dans cette cave. De la concentration, un fruité très plein où domine la griotte. Des tannins à la fois fermes et élégants. Et je finirai avec l’assemblage Orchys 2014: cornalin, syrah, humagne rouge et merlot.  Chaque cépage joue sa partition et la musique finale est fort harmonieuse… et très complexe. Entre fruits noirs, épices, torréfaction, tout concorde à faire de cet assemblage une grande et belle bouteille. Avec en sus une fraîcheur qui donne envie d’en boire et d’en reboire. Et c’est bien là la marque d’un grand vin.

 

 

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About Paul Vetter

Journaliste professionnel, Paul Vetter a longtemps travaillé comme spécialiste vin et viticulture pour des médias valaisans. Ayant décidé de se consacrer à d'autres activités, il continue à suivre attentivement les vins du Valais et la politique vitivinicole menée dans le canton. Il vous rend en compte en toute liberté.
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