AOC vins industriels

Mais qui a donc soufflé cette idée saugrenue à trois députés haut-valaisans ? On peut aisément le deviner tant les sabordeurs de notre AOC Valais sont clairement identifiés, mais comme ces gens ont la plainte pénale facile, on s’abstiendra de désigner des coupables.

Une décision qui favorise les producteurs… de betteraves

Ce matin, le Grand Conseil valaisan a donc, à une assez large majorité (à l’exception de la gauche et du PDC du Bas), adopté le postulat présenté par ces trois députés. Le Valais pourrait donc se retrouver assez rapidement avec l’AOC la plus ridicule du monde. Si ce postulat aboutit à quelque chose, les producteurs pourraient compenser une faible récolte par une autre, supérieure de 20% aux quotas déjà généreux que nous fixe le cadre de l’actuelle AOC. Mais lisez le texte et l’argumentaire associé…

 

le texte du postulat

Bien sûr, rien n’est encore fait. Pour plusieurs raisons.

Il s’agissait d’un postulat et non pas d’une motion. Le Conseil d’Etat est donc chargé de voir ce qu’il y a lieu de faire…. Et là, franchement, je ne vois pas Christophe Darbellay opter pour cette solution transformant la vigne en plante fourragère, lui qui a dit à la tribune en parlant du gel (je cite de mémoire) qu’il n’était pas question pour les producteurs de se refaire en dépassant les quotas dans d’autres parcelles. Il a dans la foulée évoqué des sanctions pour ceux qui tenteraient de se refaire ainsi.  Peut-il cautionner une telle dévalorisation de notre production, j’en doute fort.

S’il est mis en application, le texte du postulat viole la loi fédérale qui est un garde-fou (mot qui prend ici tout son sens) pour les errements des parlements cantonaux.

Ce texte ne peut satisfaire que les négociants qui invoqueront une fois de plus la nécessité de vendre à perte dans les grandes surfaces des produits que l’on peut qualifier de bradés, même s’il leur infamie peut justifier leur prix ridicule.

C’est dire que les vignerons-encaveurs, qui sont déjà sortis du bois pour interdire de sucrer et d’aromatiser les vins avec du MCR et des copeaux n’ont aucun avantage à tolérer cette nouvelle attaque contre notre AOC. Ils pourraient bien sortir une nouvelle fois de leur légendaire réserve pour défendre la réputation de leur coin de terre et de ses vins qu’ils chérissent. Eux pensent plus à la qualité qu’à la quantité, misent plus sur l’avenir de leur branche que sur le profit immédiat.

Ce qui m’interpelle tout particulièrement, c’est le manque de connaissance du sujet d’une bonne part de nos députés. A moins qu’ils aient tous pris leurs renseignements dans l’une ou l’autre grande cave valaisanne dirigée par des gens qui aiment plus l’argent que le vin.

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About Paul Vetter

Journaliste professionnel, Paul Vetter a longtemps travaillé comme spécialiste vin et viticulture pour des médias valaisans. Ayant décidé de se consacrer à d'autres activités, il continue à suivre attentivement les vins du Valais et la politique vitivinicole menée dans le canton. Il vous rend en compte en toute liberté.
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