L’IVV fait un « effort » pour les vignerons (sic)

Ainsi donc, l’Interprofession de la vigne et du vin apporte « un soutien financier » à ses membres. Cette manière de présenter les choses a eu le mérite d’égayer ma journée. D’abord bien sûr parce que tout ce qui peut aider les vignerons en ces temps difficiles ne peut que me réjouir. Ensuite, parce que le type de soutien évoqué est plutôt comique.

Je m’explique pour celles et ceux qui, peu au fait du fonctionnement de la branche, n’auraient pas saisi les tenants et aboutissants de l’affaire. Ainsi donc, l’IVV, dans sa grande générosité, renonce à la moitié des sommes habituellement ponctionnées chez les vignerons. Ceux-ci ne paieront cette année que 1,5 centime par mètre carré de vigne, au lieu des 3 centimes prévus. Par contre, les encaveurs s’acquitteront bel et bien de la somme prévue par kilo de raisin récolté (3 ct. également). Mais, si je puis me permettre un peu d’humour noir, ce n’est pas là l’IVV mais la nature qui leur fait « cadeau » d’une belle part de la redevance puisque les récoltes sont très modestes en raison du gel et de quelques autres événements climatiques.

Le « soutien » de l’IVV consiste donc à renoncer à une partie de son travail (« les nouveaux projets que nous mettrons entre parenthèses ») sous prétexte de manque de moyens financiers. Rassurez-vous, pas de chômage technique, pas de renoncement volontaire d’une part de salaire pour les dirigeants. Mais je suis injuste. On me souffle que quelques cadres de l’IVV devront peut-être différer certains voyages aux quatre coins du monde, représentations toujours très lucratives pour notre vitiviniculture. Voilà qui est bien triste !

Quant aux vignerons, ils ne recevront pas d’argent pour compenser les dommages subis. Ils conserveront par contre une part des sommes qu’ils confient (sic) d’ordinaire à ces messieurs sans trop savoir comment elles sont dépensées. Gageons qu’ils ne verront pas vraiment la différence.

 

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About Paul Vetter

Journaliste professionnel, Paul Vetter a longtemps travaillé comme spécialiste vin et viticulture pour des médias valaisans. Ayant décidé de se consacrer à d'autres activités, il continue à suivre attentivement les vins du Valais et la politique vitivinicole menée dans le canton. Il vous rend en compte en toute liberté.
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