Exportations de vins suisses: peu de changements

En faisant de l’ordre, je tombe sur un journal (Univerre n°8 de mai 2000) à la rédaction duquel j’avais participé. Un article d’un collègue de l’époque a retenu mon attention. Quelques morceaux choisis…

« La Suisse viticole n’existe pas à l’étranger. C’est le constat de Jean-Claude Vaucher, Directeur général de la maison Schenk de Rolle. »

« Ne vaut-il pas mieux passer à l’offensive en vendant nos vins à l’étranger ? On pourrait ainsi compenser le recul du marché suisse par les exportations. La Société des exportateurs de vins suisses (SWEA) se bat pour relever ce défi. Elle a entrepris, au cours des dernières années, un énorme travail de relations publiques dans les salons professionnels et internationaux du vin. Son objectif est d’augmenter les volumes d’exportations de 15 à 20% par an, afin d’arriver, à terme, à écouler 5% de la production hors de nos frontières.  » (Note du blogueur: elle était de 1% cette année-là)

« Mais quels crus faut-il profiler ? (…) Spécialités ou chasselas. S’ils préconisent deux approches différentes, les encaveurs se rejoignent dans leur mise en garde: l’exportation ne résoudra pas les problèmes de marché de la viticulture helvétique. »

Douze ans plus tard, on pourrait faire les mêmes constats, publier le même article, à bien peu de choses près. La Suisse viticole a toujours beaucoup de peine à exister à l’étranger.  La SWEA n’a pas atteint ses objectifs. En 2000, les exportations se montaient à 13’000 hl. Dix ans plus tard, en 2010, on dépasse à peine les 20’000 hl. Même si la récolte est un peu inférieure, on en reste à un petit 2% de la production vendus à l’exportation. A noter aussi qu’entre temps, les statistiques ont intégré les chiffres des vignerons-encaveurs. Cette année-là (2004) on est passé de 11’000 à 18’000 hl.

Quant aux hésitations sur le choix des vins à vendre à l’étranger (et pour le Valais, en dehors du canton) semble toujours aussi cornélien. Nos spécialités ou nos chasselas ? Cornalin et Arvine ou Fendant et Dôle ?  Les premières sont rares et deviennent très chères en passant les frontières. Et nos vins communs peinent à séduire, d’autant plus que le prix-qualité n’est pas non plus au rendez-vous, droits de douane obligent.

PS. A noter qu’au niveau de nos exportations, il suffit d’un ou deux gros marchés sur des vins de bas de gamme vendus à bas prix (à l’échelle helvétique), le pourcentage de vins exportés peut sensiblement varier.

About Paul Vetter

Paul Vetter, journaliste spécialisé dans le domaine vitivinicole pour la chaîne de télévision valaisanne Canal9. Ce blog n'engage cependant pas la chaîne.
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