Un anniversaire dignement fêté

J’ai eu l’occasion de le dire: le trentième anniversaire des caves de Denis et Anne-Catherine Mercier et de Maurice Zufferey a été dignement fêté. La dégustation à laquelle j’ai eu le vif plaisir de participer en a réjoui plus d’un(e). Une série de Cornalins, d’abord, ceux de Maurice Zufferey, version cuve ou barrique (Cornalin de Viouc). Lorsqu’on a la chance de goûter à des vins déjà soigneusement sélectionnés parmi les archives maison, on s’attend à ne pas avoir de déception. Et c’était le cas. Le reste n’est plus qu’affaire de goût personnel, de style de vin. Mais il est passionnant de voir ce que cela donne d’un millésime à l’autre. On a pu le voir d’emblée avec les deux premiers Cornalins de Viouc, le 2002 et le 2003. Un vin frais, fruité, aux tannins ciselés dans le premier cas, un cru plus riche et soyeux, plus dense, dans le millésime de canicule.

Rouges

On a pu aussi mesurer immédiatement la différence avec les deux Cornalin (1999 et 2005) élevés en cuves qui ont suivi. Un vin frais, aérien, fleurant bon la garrigue et les fruits rouges dans le premier cas, Un vin vif, dynamique, mais avec une belle densité dans le second cas. Avec une très belle jeunesse pour ce vin de sept ans.

Dans le trio des Cornalins de Viouc 2007, 2008, 2009, j’ai beaucoup aimé l’élégance du 2008 et la puissance du 2009. Un vin avec encore un gros potentiel.

Deuxième volet de la dégustation, on passe aux Syrahs de la famille Mercier.

J’avoue avoir été surpris en bien – et c’est peu dire – par le millésime 1995, un vin qualifié de baroque par Jacques Perrin. Je l’avais goûté à plusieurs reprises et je l’avais toujours trouvé fermée. Et la voilà sur le fruit – myrtille, sureau – avec de la fraîcheur et de bien jolis tannins.

Aucun des millésimes suivants ne m’a déçu: 1998 (puissant, frais, énergique, d’un grand classicisme), 2000 (ample et rond, mais sans lourdeur), 2005 (charnu, sensuel, avec une grosse maturité), 2008 (à la fois puissant et délicat)… Que du bonheur!

Des séries de blanc aussi. Du très bonencore. J’en resterai à deux grandes et belles surprises: la Petite arvine 2000 (Mercier), très agréable et frais, malgré son âge respectable. Un bel exemple de vieillissement dans ce cépage qu’on boit plus volontiers dans sa jeunesse. Et le Pinot gris 1991, Cuvée Rimbaud, de Maurice Zufferey, ensuite. Un vin très riche et puissant mais bien équilibré, très original aussi, avec des notes d’orange et d’abricot. Un splendide vin de gastronomie.

Un dernier mot sur les liquoreux. Magnifique Petite arvine 1997 de Denis Mercier, un vin moelleux plus que liquoreux, mais un cru splendide par son équilbre, sa fraîcheur et sa gamme aromatique.  Autre registre avec l’Ermitage de Pradec 2001, un vin avec une grande liqueur, une complexité aromatique rehaussée par la truffe blanche.

Liquoreux2

Vous l’aurez compris, je n’ai pas regretté les heures passées au Château Mercier. Lundi soir ou mardi, vous trouverez sur ce blog un sujet Canal9 avec à l’interview, Bernadette Thienpont (de la famille propriétaire de Vieux Château Certan à Bordeaux) et le maître d’oeuvre du jour, Jacques Perrin que l’on ne présente plus.

 

Bernadette Thienpont

Bernadette Thienpont

 

 

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About Paul Vetter

Paul Vetter, journaliste spécialisé dans le domaine vitivinicole pour la chaîne de télévision valaisanne Canal9. Ce blog n'engage cependant pas la chaîne.
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